Feuillets d’octobre

Il ne reste que la plaine

Longue

Comme une plainte

Venue d’autrefois

La pointe du clocher désigne l’endroit

Où poser le regard

Plus loin le bleu d’une chaîne de montagnes

Délimite l’horizon d’un jour extraordinaire

Le soleil à peine éveillé

Offre aux nuages de multiples couleurs

Un oiseau posé dans l’herbe s’envole

Il reviendra ce soir lorsque la nuit légère

Fredonnera sa douce chanson

Il ne reste que la plaine

Et son infinie douceur.

.

Les maisons sont des flèches

 

Elles perceront les nuages

 

Quand ils offriront leur flanc

 

Ils volent haut mais la fatigue les guette

 

L’échelle qu’ils laissent pendre hors d’eux n’attire personne

 

On ne les visite plus comme autrefois

 

Ceux qui sont l’émanation de notre ferveur

 

Ne font pas davantage recette

 

On les regarde sans chercher à les atteindre

 

La vapeur d’eau même condensée perd son public

 

Le ciel assomme où les avions circulent

 

Comme dans une fourmilière des insectes en armure.

 

Les nuages cessant d’être un thème poétique

 

Entrent dans la catégorie des laissés-pour-compte.

.
Dans toutes les ruelles

Entre les lits défaits et les murs clairs

Sinuent des rivières de paroles

Dites oubliées seulement pensées ou traduites

Elles se pelotonnent sur les tapis

Attendent le pied ferme et décidé

Qui les emporte dès le lever du jour

Imprimées sous des semelles épaisses et sûres

Les oiseaux picorent les bonjours semés sur les routes

Les poissons guettent la pluie

Pour happer dans le ruissellement

Ce qu’ils désirent entendre

Je suivrai ce sentier et vos traces

Dessinant des lettres avant que le vent

Indifférent à nos chants ne vienne tout effacer

.


Le loup à poil chez la grand,

Mais pourquoi à poil ?
Mais comment à poil ?
Et pis les loups ça parlent pas
Ça mangent les chaperons
Les vieilles et les illusions.
Et pis une fille elle couche pas à loilpé à côté de sa grand
Elle est bête aussi, elle aurait dû le reconnaître
Il a des poils aux dents
Des paluches d’affamé et la rage au ventre
La grand aussi est bête qui lui donne la bobinette
Sans voir sa bobine cousue de fil blanc.
Les contes, madame, ça sert à rien
Les loups rigolent déployés
Derrière le vide de leurs écrans…

.

Un ZEPHE d’automne paré de ses lumières : Eclaircie, Phoenixs, 4Z et moi-même.

5 replies on “Feuillets d’octobre”

  1. Elisa-R dit :

    La fatigue peut-elle résister au désir d’écrire à vos côtés, et de vous lire ? Non !
    Octobre est si beau sous les plumes des flèches, les bonjours des oiseaux ou le rire des loups.

  2. Phoenixs dit :

    En voilà des aventures ! Peut-être que plus personne ne lit, ne grimpe à l’échelle ou n’arpente les toits mais il reste dans la forêt quelques lutins incorrigibles qui tendent des fils aux pattes des loups pour que se casse la triste figure des temps modernes…

  3. Éclaircie dit :

    Entre nuages et loups, la plaine s’étend aussi sur les maisons et leurs descentes de lit. Chaperons et Mères-Grands n’en croient pas leurs yeux ni leurs oreilles.

  4. 4Z2A84 dit :

    Si vous êtes partagés entre
    une nuit légère fredonnant une douce chanson,
    des rivières de paroles,
    des nuages laissés-pour-compte
    et une bobine cousue de fil blanc
    choisirez-vous de sauter à la corde avec ces poissons qui guettent la pluie ?

  5. Phoenixs dit :

    On fera un peu de tout histoire de ne manquer de rien 😉

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