MARIE-JEANNE DURRY

MARIE-JEANNE DURRY.

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« Mon ombre.

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Mon ombre devant moi, j’allais la piétiner

Mais sans cesse elle échappait à ma fureur,

Fugace, tenace, nulle et collée au sol,

Sans attache liée à mon corps sans racines,

Entre les arbres mon corps droit qui marchait,

Que mimait renversée, ivre, cette ombre

Gisante et noire où je deviens fantôme,

Où je tournerai, sans m’atteindre, autour de moi,

Si je ne m’abats pas la face sur sa face

Pour former avec elle une nuit immobile. »

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Marie-Jeanne Durry. (« Mon Ombre » 1962).

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« Dans une fuite heureuse les mots s’échappaient de toi. Le poème que tu n’écriras pas, la secrète source du poème ouvert sur la mer où seule je glisse parmi la solitude des souvenirs, coulait intarissable, eau de l’âme, secrets changeants, passés défaits. Les vagues, les feuilles, les anciennes amours, tremblaient dans la chambre. Mon sommeil t’écoutait à travers toi. Je t’entendais, prisonnier sous mes paupières. »

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Marie-Jeanne Durry (« Soleil de sable » 1958).

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3 replies on “MARIE-JEANNE DURRY”

  1. 4Z2A84 dit :

    « …Il (Apollinaire) est l’artiste qui essaye de saisir ensemble tous les moments du temps. Même quand il se sent las du monde ancien il en rappelle avec adoration et nostalgie tous les âges et tous les lieux. Les prétendues laideurs de la civilisation il est de ceux qui les apprivoisent, les acclimatent. Il se projette vers toutes les possibilités du futur, tente de saisir les nouveautés avant qu’elles soient, et rien ne l’effraierait, serait-ce un univers de robots pensants. »
    Marie-Jeanne Durry (« Guillaume Apollinaire » 1964).

  2. Elisa-R dit :

    Très belle écriture, légère, élégante mais savamment simple !
    Merci 4Z.

  3. Éclaircie dit :

    Une belle découverte pour moi !

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