En septembre rêve dans ta chambre.

 

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En septembre rêve dans ta chambre.

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L’hiver qui blanchit les têtes blondes des champs

Dort encore, dit-on, au fond d’un vaste empire

Ses chevaux de glace aux reflets bleutés

Gambadent paisibles dans de grandes prairies

Ici le ciel un peu inquiet quitte enfin des yeux

Cet horizon tranquille qu’il croyait au galop

Il n’aura pas entendu venir les rousses créatures

Debout derrière leur attelage de brouillards et de vent

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Ce matin est sûrement

Le jour anniversaire

D’un homme quelque part

Il s’apprête à chercher des rides

Aux toiles de l’araignée

Et des pattes noueuses au corps de l’animal

Il court au-dessus du sol pour ne pas laisser

D’empreintes et marche sur les mains

Imprimant la ligne de vie

Qu’il ne sait plus vraiment suivre

Les yeux fermés

Il croit voir l’horizon libre de toute entrave

Soulevant les paupières  il s’endort

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La lune est un tambour silencieux

Même en prêtant l’oreille entre deux souffles

On ne l’entend ni se taire ni penser

Autrefois nous disposions d’une paire de baguettes

Pour frapper sur sa peau et la faire résonner

Réveillant les étoiles redonnant aux muettes

La parole toutes ayant leurs secrets à avouer

Quant à la lune elle ne laisse échapper

Qu’un mot toujours le même

Son nom car elle s’appelle sans desserrer les lèvres

D’une voix trop langoureuse pour atteindre

Le cornet acoustique tourné vers son reflet dans l’eau.

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Dix vers à varier,

 

La cruauté des hommes masque celle des dieux

Borgnes

On se croit à l’abri du vent

Mais il est à l’intérieur

Plus tu poursuis tes peurs

Plus elles te rattrapent

Ce n’est pas sous  » le pavé d’un cheval  »

Que tu trouveras le bonheur

Il y belle lurette qu’il s’est écrasé sous le poids

Des maîtres du mal vivre…

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Les auteurs :

Eclaircie,

Elisa R.,

Phoenixs

et 4Z.

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4 replies on “En septembre rêve dans ta chambre.”

  1. 4Z2A84 dit :

    Bravo.
    Oui, Béa, la « rentrée » monopolise les fonctionnaires appartenant à l’illustre Ministère de l’Education Nationale (une bien jolie femme en occupe le…trône ?)…et puis interviennent cette année des changements d’horaires « déboussolants ». Bon courage.
    On ne perd pas l’inspiration. Les « chevaux de glace aux reflets bleutés » m’enchantent. Cet « homme de nulle part qui s’endort en soulevant les paupières »… »la cruauté des dieux borgnes masquée par celle des humains »…il y a matière à rêver, à réfléchir, à partir sur les routes ou à s’envelopper dans une robe de chambre.

  2. phoenixs dit :

    Où l’on voit que la lune parle sans ouvrir la bouche, que les rousses créatures arrivent dans la brume prochaine, que l’anniversaire de l’homme silencieux accroche toujours à l’horizon des lueurs fragiles, et puis derrière le rideau des mots l’ombre attend en tricotant le destin de chacun d’entre nous…
    Voilà, les jours à filer le temps sont rangés dans le placard, ils reviendront bientôt avec un sourire d’enfant dans leurs yeux.
    Salut à Héliomel

  3. Elisa R dit :

    L’attente ici n’est jamais vaine, au contraire elle charrie des images qui nous durent encore quand d’autres viennent.

  4. Éclaircie dit :

    Le reflet de la lune sous le galop d’un cheval guidé par de rousses créatures fêtent un anniversaire aléatoire et les quatre voix nous donnent à imaginer l’essentiel et l’invisible.

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