Si les oiseaux…

Si les oiseaux n’étaient pas des oiseaux s’ils étaient 
Des flèches pourrions-nous les suivre du regard
Et ne pas risquer de nous perdre dans les couloirs de la voûte céleste 
Si les flèches touchaient leurs cibles avant de les atteindre
Le vent détournerait du but ce qui insensiblement s’en rapproche
Ces nuages trop gras porteurs d’une pluie réticente…
Nos yeux restent ouverts ils se creusent une nouvelle raison de voir
Et de tolérer l’ascension du ciel par des missiles 
Si l’invention des oiseaux cessait comme on coupe l’eau
Sur quelles ailes tablerions-nous 
Pour traverser le fleuve sans une égratignure
Ni même le besoin d’une boisson fraîche à mi-course.

.
Qui dort dans l'eau des rêves, on ne le sait pas
Dehors l'ovale des tables rappelle grand-mère et son visage de madone
Des visiteurs aux yeux mouillés dessinent sur son corsage des fleurs
Une petite fille fort décoiffée cherche un bateau blanc et vert
Un mage prétend l'aimer depuis le premier jour de sa fortune dorée
Et puis vient notre tour et chacun se tait pendant que nous approchons
A genoux devant elle nous chantons des poèmes dépenaillés et gais
La foule effrayée hurle et bouche qui une oreille qui un œil
Tandis que grand-mère agrémente l'air libre de la jolie cascade de son rire
.
 Sous les lits des rivières
Des murmures inspirent le chant de l’eau
Les galets aussi légers que poussière
Renvoient l’écho des nuages par grand vent
Parfois une faille
Une grotte ou une crevasse
Happent les ruisseaux qui n’ont pas eu
L’audace ni le temps de forger leur couche
Des nappes souterraines les invitent au festin
De créatures grondantes et bouillonnantes
Puis les expulsent taris au pied des grands torrents
Et sous les lits des rivières les chants se font murmures.
.

Pas d’inspiration,

 

A force de tourniquer autour du puits

Mamie a failli tomber sans un mot.

Nous l’avons rattrapée par son jupon troué

De justesse.

Pas le jupon, la main accrochée aux dentelles

Flétries.

Pas d’inspiration répétait-elle en sourdine

Rien dans la tête à dire

Alors je regarde le fond de mes yeux troubles

Et je ne vois pas l’ombre d’une aile, d’un souffle

Je ne vois plus rien à inventer

D’autre.

         Nous l’avons consolée dans un grand mouchoir blanc

Que nous avons replié et jeté dans le puits

En attendant qu’il nous le renvoie brodé…

 

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Quatre poèmes , huit bras et quatre têtes, ceux et celles d'Eclaircie, de Phoenixs, de 4Z et de moi-même.
 Le tout sous le soleil (présent ou attendu) et avec une pensée pour Héliomel.

3 replies on “Si les oiseaux…”

  1. Elisa-R dit :

    Pardon pour la mise en page…

    Merci aux oiseaux et à l’inspiration qui, finalement, est bien au rendez-vous. Il suffit de lire pour ne plus en douter.

  2. 4Z2A84 dit :

    Dans l’eau des rêves comme sous le lit des rivières mais aussi au fond des puits capitonnés et à peine moins accueillants que des boudoirs somnolent dodelinant de la tête nos chers grands-parents. Quant aux oiseaux ils ne cessent de s’étourdir pour oublier le refus du Ciel (montrer patte blanche aux anges sinon ils n’en ouvrent pas les portes).

  3. Phoenixs dit :

    Il est vrai que le fil des oiseaux suit les grands-mères tendres ou perdues dans les nuages.
    On se demande ce que fera le mage de tous ces enfants dorés.
    Pensée pour le jardin d’Héliomel…

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