RENDEZ-VOUS AVEC DES OMBRES.

 

Rendez-vous avec des ombres.

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Elastique en bouche elle longe les lisières quelles qu’elles soient Ensuite hop elle franchit les barrières et les sourcils à poils longs Puis elle disparaît. Alors ici et là, on réalise qu’elle existait, qu’elle emplissait le jour qu’elle éclairait la nuit Pour qu’elle esquive les récifs et les glaciers qui affleurent en certaines terres Depuis les navires sont à l’eau, les montagnes hors des plaines et la mer… La mer n’existe plus qu’au bout du bout des territoires. Interdite de séjour Dans nos campagnes et dans nos villes malades du soleil comme de la pluie. Quelques hirondelles essaient bien de nager dans un bleu illusoire Mais les unes après les autres elles s’effacent  car personne, ici ou ailleurs, ne les regarde plus. Chacun guette muet la crête fragile des vagues de souvenirs. Chacun cherche la trace dans l’air des courbes de sa voix. Chacun gratte les murs jusqu’au sang pour qu’un jour elle revienne.

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N’avale pas sans un mot d’adieu ton parapluie

Offre-lui toute latitude pour moudre des pierres

Atteins la flèche avant le but

Attends ton ombre quand elle manque de souffle

Délivre ton cœur ce prisonnier de ses cordes

Chante sur des toits rasés de près

Ne crie pas souriez avec une arme au poing

Paye les fossoyeurs et tire-leur la langue

Cherche et ne trouve que de l’or

Promets aux lignes de ne plus les sauter

Arrange-toi pour tenir le sable en laisse

Ne parle pas avec les œufs de ta voisine

Veille sur le nez lorsqu’il nage

Coupe la parole par les champs

N’oublie pas de ne penser qu’à rien

Sauve le monde en croquant des radis ou des ânes

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La lune dans les étoiles,

 

C’est pas la peine de couper la poire en deux

Elle est partie avec le fromage

C’est le temps des amours au dessert de la vie

Tard mais pas trop.

C’est la peine de pousser le café

Il s’est barré avec une tranche de cake

Pleine de sourires

Des goûts et des couleurs

La vie se tartine entre les trous…

Ne cherche pas davantage chaussure et ton pied

Il y a belle lurette qu’ils chaussettent en tire-bouchon

Dans la malle à malices…

C’est la saison qu’il disent

Tout est permis de pèche

A l’ombre des frivoles

Hors raison…

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Gronde l’orage, gronde le monde

Des bulles opaques ou translucides

Gravitent autour de têtes posées sur des épaules

Parfois les mains tentent de les saisir

Les yeux s’animent d’un éclair d’envie

Croyant parvenir à déchiffrer le théorème de la vie

C’est pourtant l’absurde et ses volutes de brume

Qui masquent les sphères

Ou les emplissent d’un coton laiteux

Obligeant le regard pour ne point s’égarer

À se tourner vers l’intérieur des gouffres

Ou traverser le temps sans y chercher de certitudes.

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Au rendez-vous :

Eclaircie

Elisa

Phoenixs

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La salle aux secrets

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(30 avril 2011 à 8:47)

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Au cocher assoupi je préfère

Le  marin qui renifle les étoiles

Car les draps de ses rêves

Sont ses plus belles voiles

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La vague  murmure

À l’oreille de ses anneaux

Il accoste à Grenade

Dans les jardins de jade

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De sa blanche dentelle

La  sierra Nevada

Ecoute les rumeurs

De la salle aux secrets

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En longeant le bassin

Où dort le flot si pur

Il voit les bleus cyprès

Comme  des phares éteints

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L’eau captée est immobile

Il neige sur Grenade

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Héliomel.

6 réponses sur “RENDEZ-VOUS AVEC DES OMBRES.”

  1. 4Z2A84 dit :

    La voix des ombres.

  2. 4Z2A84 dit :

    Le premier texte de « Rendez-vous avec des ombres » doit se lire ainsi :

    Elastique en bouche elle longe les lisières quelles qu’elles soient
    Ensuite hop elle franchit les barrières et les sourcils à poils longs
    Puis elle disparaît.
    Alors ici et là, on réalise qu’elle existait, qu’elle emplissait le jour qu’elle éclairait la nuit
    Pour qu’elle esquive les récifs et les glaciers qui affleurent en certaines terres
    Depuis les navires sont à l’eau, les montagnes hors des plaines et la mer…
    La mer n’existe plus qu’au bout du bout des territoires. Interdite de séjour
    Dans nos campagnes et dans nos villes malades du soleil comme de la pluie.
    Quelques hirondelles essaient bien de nager dans un bleu illusoire
    Mais les unes après les autres elles s’effacent car personne, ici ou ailleurs, ne les regarde plus.
    Chacun guette muet la crête fragile des vagues de souvenirs.
    Chacun cherche la trace dans l’air des courbes de sa voix.
    Chacun gratte les murs jusqu’au sang pour qu’un jour elle revienne.

  3. Éclaircie dit :

    Une ombre se sera glissée entre les E, E, et P, pour ajouter cette « Elle » bien mystérieuse, attentive à ne pas avaler son parapluie à l’ombre des frivoles, tenant le sable en laisse, à la main les trous de la tartine, entourées de ces bulles translucides qui lui offrent un reflet flatteur de son regard émerveillé par un ZEPHE.
    Elle accompagne Héliomel par la pensée, comme nous tous.

  4. Elisa-R dit :

    Rendez-vous avec des ombres pour couper la nuit en deux et ainsi profiter d’elle deux fois plus.
    ZEPHE, tantôt rieur tantôt songeur…

  5. phoenixs dit :

    C’était bien la peine de gratter toutes ces ombres derrière les murs, voilà qu’on se retrouve à croquer de l’âne en traversant un temps très découpé…
    Pensée à Héliomel

  6. Éclaircie dit :

    Au rendez-vous, où Héliomel nous rejoint par la magie de toutes nos pensées, n’avez-vous pas cher 4Z oublié de citer votre plus fidèle compagnon ? Vous-même ?
    Ok, nous nous en doutons, tous les cinq ainsi que nos habituels lecteurs, mais l’inconnu de passage ou les ombres, les regards curieux, les chaussettes en tire-bouchon, les radis et les ânes ou bien encore « Elle ». « Elle » voudra savoir que vous avez écrit avec nous.

    Nous irons alors tous, dans la salle aux secrets, auprès de cette eau immobile, à Grenade ou dans nos songes.

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