Gommettes, buvard, et risettes à la buvette,

La pluie serait si belle
Sans son entêtement
À vouloir dissoudre les taches
Que le soleil offre aux enfants
Gommettes sur leurs joues
Ou balle insaisissable
Quand sous le grand figuier
Ombres et billes se confondent
La bruine sur la main
Éclaircit toujours l’encre
Frise le long ruban
Aux nattes de la nuit
Dans sa chevelure domptée
Les trombes d’eau masquent la danse
Des brins de saule près du ruisseau

****
Vieil homme n’a plus que deux épaules pour abriter sa tête
Comme le creux d’un arbre protégerait un oisillon
Il se force à sourire aux autres personnes
Pour prouver qu’il n’est pas encore le moribond que l’on croit
Chez lui il relâche ses derniers muscles, masse ses doigts
Douloureux d’être restés trop longtemps crispés sur le blanc du beau cuir
Il sent bien les regards lourds qui pèsent sur lui
Comme pèse déjà le froid de la lame au-dessus de sa vie
Il n’a plus de nom ni de charme et n’aime plus conduire
Depuis que les hordes sont à ses trousses et que son reflet dans leurs yeux
Le condamne à la peur de tout et de tous. Y compris de lui-même.

****
Faut que tu te penches
Sinon tu ne verras pas les petits
Pas de lumière dans l’herbe
Faut que tu lèves tes yeux pour suivre
Les hirondelles à sécher sur le fil
Tes larmes d’écolier
Faut que tu tendes tes oreilles assourdies
Pour que l’haleine du vent entre deux feuilles
Te rappelle au silence
Y faut en faire des tours de piste en solitaire
Tout le temps des sensations pour que viennent
Ces instants fugaces dans la tignasse de tes humeurs
Apaisées.
Ce sont les chaussons de juillet hors des sentiers fourbus
Qui rendent à tes pieds la grâce de l’oubli….

****
Un député orinaire…

Il parle menthe à l’eau
Il hurle vent de boue
Stentor vénitien baissé
pour cause de congères annuelles

L’arbre à papillons disparait
Au profit de la mine à picaillons
On s’engueule sur la carpette
On fait risette à la buvette
Une tour d’ivoire pour abriter
Un aileron de requin de la finance
Ali Baba et les 40 voleurs
Pris la main dans le CAC

****

Cocotiers et palmiers ivres exécutaient des courbettes extravagantes pour nous souhaiter la bienvenue

Dans ces régions où le soleil est tous les jours quand sonne midi un œuf en train de frire sur un ciel de métal

Sous la voûte brûlante nous perdons un à un nos pétales

L’iceberg n’en finit pas de fondre

Nous l’avions pourtant installé à l’ombre

Une fois franchis les pôles et d’un saut de fillette vers la case du paradis

Toutes les ères et les aires situées entre la Terre plate et la Terre ronde

Ce voyage se fit sans accrochage sans un ongle cassé sans une poussière dans l’œil et aussi rapidement que je le dis

D’ailleurs les traces de nos pas sur le sol les tunnels creusés par nos nageoires dans l’eau

Pareils à des énergies fossiles

S’offrent à la vue de tout le monde

On trouve la carte postale de l’univers pas un détail n’y manque en retournant le tableau

Nulle rivière de nos mains ridées ne se détache

Pourtant derrière ou sous une œuvre une autre œuvre souvent se cache.

Sous le parasolpluie lézardaient : Eclaircie, Elisa, bibi, Héliomel et le 4Z de juillet

5 réponses sur “Gommettes, buvard, et risettes à la buvette,”

  1. Phoenixs dit :

    Voilà des traces de mots dans le creux de l’été pluvieux ou non, avec ou sans cigales dans les oreilles, l’œuf au métal écrase la nuque du CAC dans l’eau, la peur se détourne du vieil homme perdu dans la clairière et les hirondelles n’en finiront jamais de survoler les nattes de la nuit aux rendez-vous secrets…

  2. Elisa-R dit :

    C’est un feu d’artifice avant l’heure ! Ces poèmes là, ce sont de magnifiques chasseurs de pluie !

  3. Heliomel dit :

    Pour prouver qu’il n’est pas encore le moribond que l’on croit, Héliomel est grimpé sur le cocotier en laissant ses nattes sur le sable, histoire de s’alléger, à bientôt.

  4. Elisa-R dit :

    Tu es trop jeune pour te sentir visé par ce (faux) moribond !
    Sable, cocotier…ça fait rêver ! On arrive !

    Bise.

  5. 4Z2A84 dit :

    Si la pluie est divine
    si l’iceberg fond dans la bouche
    ils redonneront espoir au vieil homme
    comme une douche de gommettes sous un figuier.
    Alors celui qui s’abrite des requins dans une Tour d’Ivoire
    chassera hors de sa tignasse la mauvaise humeur !
    .
    Tu fais bien d’être là Héliomel. Sans toi nous n’aurions pas été les cinq doigts de cette main enchantée qui écrit ou « tape » nos merveilleuses fantaisies.

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