Venise

Je regarde ta lettre qui gondole, se plisse et tes mots dilués qui doucement rejoignent des milliers d’autres mots jetés par-dessus bord, dans ces canaux putrides, près des palais-mémoire que la mer a rongés comme le temps notre histoire.

La marée vient lécher le vieil embarcadère aux pontons vermoulus laissant nonchalamment les amarres flotter au milieu des déchets.

L’absence n’est qu’un retard pour qui sait être heureux, disais-tu rayonnant lorsque nous étions deux, quand nous nous confondions aux passants-passerelles sous l’œil goguenard des pigeons de Saint Marc qui délaissant la place s’en retournaient nicher aux creux des doges austères en maculant les toges de fiente délétère.

Au cœur de la Cité, les lions affamés réclament leur pitance, ces viles calomnies que l’on glisse, perfides, dans leurs gueules béantes.

Les boutiquiers exhibent des masques impavides sans regard et sans âme comme peut l’être la mort.Des ombres sibyllines effleurent le décor Dans Venise sanguine la lagune s’endort.

 

Kali

viaPoeme Petit poème cherche camarades de jeu.

4 réponses sur “Venise”

  1. Elisa-R dit :

    Un poème de Kali53, avec son aimable autorisation, pour notre plus grand plaisir.

  2. 4Z2A84 dit :

    Un très beau texte. Aussi bien rythmé qu’un poème en vers. L’oreille, la vue et l’esprit y trouvent le confort et l’enchantement. Un sentiment de nostalgie flotte, communiqué avec discrétion.

  3. Elisa-R dit :

    Je suis entièrement d’accord avec toi 4Z, l’écriture de Kali est fine, légère et efficace. J’éprouve toujours beaucoup de bonheur quand je la lis.

  4. Éclaircie dit :

    Merci pour ce partage. je suis d’accord avec vous deux, très belle écriture.

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