Lézarde

 

Les éclairs en écho d’une colline à l’autre

Ouvrent au ciel une lézarde

Échappatoire des papillons

L’eau dessine ces fulgurances

Sur un sol assoiffé

Asséché par le vent

Tu peux tendre la main, te saisir de la foudre

Jamais sans un soleil ne t’obéit le jour

Referme la fenêtre et baisse les paupières

La toile sur le mur laissera deviner

L’ampleur de ton pouvoir par toutes les couleurs

Tracées comme les sillons du champ de tes lumières

.

L’œil trouve asile

Sous la paupière où le jour n’entre pas

Sans montrer patte blanche aux gardiens du savoir

Je vous vois monter descendre et à droite et à gauche vous déplacer

Sans autre dessein que de vivre

On rode ses poumons avant de les soumettre à l’air épicé

Quand la vague porte une autre vague en chaleur l’accoucheur la délivre

La mer ne se contente plus de saler les îles elle les poivre

Le vent s’il se montre rétif s’il monte sur ses grands chevaux elle l’apprivoise

Il lui sifflera bientôt leur chanson celle sur laquelle ils dansaient et dansent encore

Leurs propos au moment de leurs retrouvailles sur la piste immense où ils évoluent je les édulcore

Car ils mêlent à une exaltation légitime une apologie de la conquête par le viol et de la brutalité

Souvenez-vous du déluge et imaginez ce que nous serions devenus

Sans vos cheveux pour nous abriter

.

Une voix venue de l’enfer tente de se faire entendre

Profonde et distincte elle peine pourtant à réveiller les dormeurs

Lise rêve du gros cafard qui trottinait dans le jardin

Elle sourit et compte les mèches blanches sur la petite tête

De l’animal noir qu’elle s’obstine à appeler père

Jean dort dans une baignoire trempée  de toute sa peur

Depuis qu’une main fouille le satin de ses songes

Et le remplace par le charbon si salissant des cauchemars

Dès que le gros œil rond du hall le perd de vue

A l’étage des anges un poète empêtré de rubans tente

Vainement

De suivre la course folle de ses mots sur le chemin tortueux

Des pompes à mi-parcours ou des prés nostalgiques des heures d’avant

.

 

Mi-taine, mi-déraison,

Est-ce bien utile que de continuer à rouler tes tics ? Demande lapin à sa garenne infidèle qui répond toujours en haussant le râble.

Une garenne pareille ne mérite par le cerfeuil et la ciboulette, les olives et le vin rouge qui baignent ses pattes trop coquettes.

Une garenne pareille ne mérite pas son lapin poseur

Une garenne pareille ne mérite pas l’amour à petits feux que lui mitonnent les patates douces.

Elle ne mérite que les pâtés roulés

Les châteaux en épargne

Et le thym thym des lapins moqueurs

Embusqués dans les rêves sauvages.

.

 

Dans le désordre, un ZEPHE de juillet concocté par Eclaircie, Phoenixs, 4Z,  et moi-même, avec la présence virtuelle de notre cher Héliomel.

 

3 réponses sur “Lézarde”

  1. Elisa-R dit :

    Un ZEPHE extraordinaire dédié tout spécialement à toi cher Héliomel.

  2. 4Z2A84 dit :

    Quand les patates douces mitonnent à petits feux l’amour
    il se passe une chose étrange
    sous l’œil du hall :
    la foudre
    arrêtée par la main
    épargne la mer poivrée !
    .
    Extraordinaire ? Je dirais même plus : très extraordinaire.

  3. phoenixs dit :

    Quant au ciel à lézarde ne doutons plus qu’il retrouvera le goût du poivre dans les rubans des songes en satin…
    Des ZEPHE ornés de mots discrets et de joyeuses veuves en syntaxe et lexique de belle folie 😉

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