Le mariage des étoiles sans arêtes,

Les pierres des chemins rehaussent leurs couleurs
Les assortissent aux chapeaux des belles promeneuses
Et aux formes des écailles de poissons
Qu’elles exhibent retenus par des laisses d’ivoire
Entre veiné de corail et du vert de l’océan
Pour qu’espadons et barbues ne ressentent pas ce spleen
Que l’éloignement de l’iode provoque parfois
Sur certains corps aux arêtes vives
Ces belles dames se veulent sirènes
Sans pour autant s’isoler en pleine mer
Alors qu’elles ont la langue prête pour un marathon
De billevesées, de petits échos qui s’égrèneront au hasard
Des allées de grands parcs comme ricochet se perd à l’horizon
Et qu’elles savent que les marins ne croient plus en leurs rêves
****
Brusquement gicle la soupe sur les vitres moisies que Mandolina n’astique plus depuis qu’il a plu des pois chiches. Au printemps pianos et glaciers fondent exerçant à tour de rôle des ravages dont se plaignent les cultivateurs de gravier. On peut se laver les mains dans le livre ouvert au chapitre consacré à la dégringolade des cours d’eau le long du pli du ciel que nul fer à repasser ne délivre. De son œil tendre une vache lit par-dessus mon épaule un imprimé caustique : est-ce un leurre ou l’heure marquée d’un sceau, du saut du lit hors de l’essaim ? Mandolina ne dit rien. Mandolina se tait par respect pour les morts dont des rails portent au loin les râles quand il fait trop chaud pour vivre.
***
Nous battons des bras
Petits moulins à vent
Pour voir jusqu’où pousser
L’agitation
L’épouvantail de rire
Sous cape.
Nous ouvrons la bouche
Petits moulins à paroles
Pour entendre le vent porter
Notre silence
L’écho d’hoqueter
Entre deux…
Ni l’un ni l’autre ne pourront témoigner
Que nous servîmes à grand chose
Malgré tout nos éclats de vivre…
***
Finalement nous sommes de grands magiciens
La lune à moitié dévorée côtoie l’ironie du soleil
Des années de pluie déversées sur les terres
Apprivoisent la mer comme nous le ferions avec un petit chat
Et nous montrent la plage partout où elle n’existe pas
Nous croyons au je éternel malgré les jours qui s’égrènent
Les guerres sur notre peau sont des plaies toujours à vif
Sur lesquelles naissent pourtant les plus pures des sources
Une étincelle de malice suffit à dévoiler la jeunesse
Qui demeure en nos jardins intérieurs
Et joue en riant sur le tapis étoilé de nos espoirs les plus fous

Étaient présents à la noce :
Éclaircie, 4Z, bibi et Élisa, tout ce petit monde habillé de pied en cape par le grand couturier Juin et Mots

4 replies on “Le mariage des étoiles sans arêtes,”

  1. phoenixs dit :

    Bon, nous y voilà aux noces de vent et d’été : les magiciens épousent des sirènes abandonnées par des marins sans rêve; quand il fait trop chaud pour vivre on va se prendre ailleurs au bout de la malice et des écailles…
    Héliomel, même absent, est présent entre ces lignes sans hameçon…;-)

  2. Elisa Romain dit :

    Il est plutôt réussi ce mariage, malgré tout et même si.

  3. Éclaircie dit :

    L’œuvre du couturier « Juin & Mots » est particulièrement seyante pour ce mariage heureux.
    Serait-il magicien ? Moulin à vent ? Bovin à l’œil si tendre ? Ou bien sirène, peut-être même marin ? Héliomel saura déposer embruns et Vent Marin à son retour afin que le cortège et la fête dure jusqu’à l’été et même au-delà.

    On peut noter que malgré les tempêtes, le silence, les plaies, les étoiles toujours illuminent l’infini ciel de PF.

  4. 4Z2A84 dit :

    Après une telle lecture, j’ai l’impression d’avoir un peu trop forcé sur l’alcool. Alors je me secoue comme un chien qui sort de l’eau. Mais j’ai beau faire : dans mon esprit subsiste un désordre ordonné, gage de la Poésie la plus authentique. Pour que les étoiles descendent jusqu’à nous, ne suffit-il pas de leur ouvrir nos portes ?

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