Carbonisées, oubliées, les mains mijotent encore

Nous n’explorerons jamais assez ni nos greniers ni nos soutes

Sans notre assentiment quelqu’un s’y cache

On le reconnaît à sa façon de se glisser entre les pages du livre

Il se confond avec l’ombre de ma main lorsque je change de chapitre

Il laisse des mots dans lesquels il se flatte de conduire le navire

Or brandi hors des combles nul drapeau ne flotte

Et la charpente léchée ne révèle pas aux papilles la présence du sel

Pourtant les ports se succèdent comme sur un manège les chevaux de bois

On a juste le temps d’éviter la pince des grues qui déchargent notre cargaison sur les quais

Ai-je dit que ces quais sont en nougat les jours de canicule ils collent aux semelles

Ai-je parlé de ces filles sur leur balcon réunies en bouquet

Leur chevelure est trop longue pour espérer en venir à bout

.

Puisque je n’ai rien reçu

Pour alimenter mon cerveau

Je vais réchauffer les idées d’autres temps

Je les laisserai mijoter juste assez

Qu’elles ne deviennent caramel ni trop dur ou trop mou

Toutes les douceurs doivent avoir une colonne solide

Pour s’assurer d’un élégant maintien

Présenter une tenue parfaite, être d’un commerce agréable

Sans parler de la conversation dont on ne tolérerait point

Qu’elle soit pimentée de pointes trop acerbes

Ou de ces lieux communs communément

Trouvés dans les communes cours

Mais il est déjà treize lignes

Pour la parité j’en ajoute une et je m’éclipse…Adieu

.

A cheval sur le dos d ‘une étoile qui n’atteindrait pas la lune ?

Reste à savoir ce qui aurait la force de nous en faire revenir

Les visages d’une soupe d’orties un soir d’orage

La légèreté d’une fleur parcourant les allées d’un jardin

Ou cette mine de jeune fille qu’arborent les vieilles maisons

Quand la terre se retourne en dormant et nous fait don d’une lumière

Si puissante qu’elle pénètre en nos demeures et en nos nuits

Sifflant l’eau de nos rêves comme le plus grand des ivrognes…

C’est parce qu’aucune voix ne parvenait jusqu’à ses oreilles averties

Qu’un chef d’orchestre et de gare découpa un large cercle jaune

Qu’il colla en souvenir d’elle sur un mur de sa cellule

Lorsqu’il prétendit revenir, à cheval sur le dos d’une étoile, tout droit de la lune…

La vie descendre,

 

Pour toi s’arrête le sens de la lumière

Ailleurs où tu gis

Entre vie et lambeaux de vie

Désormais.

Te soutiennent des mains oubliées

Des affections solides et ruinées

Par ton absence.

Tu dors la tête sur l’épaule de l’aimée

Et rien ne peut entamer ton sommeil

De cendres froides.

Tu dors, elle veille, au-dessus de vous

Des cadres lointains désignent à présent

Vos rires figés.

Et personne ne peut plus entendre ton silence

Carbonisé.

De ton blanc traineau

Le souffle haut

Sonne bel héraut

Ton son me chaut

.

Même entrevue dans un rêve

Même si elle doit être  brève

Conçue entre fureur et fièvre

Belle est la nouvelle trêve

.

Adieu douves sans faille

Plus d’’étoc et de taille

Ou de cottes de maille

Place au lin, à la paille

.

Debout sur leurs rênes

Les reines freinent les rennes

Les festins les entrainent

Les  heures   s’égrènent

.

Sonne bel héraut

Le roi  a fait un rot

Entre paon et veau

Ce n’est qu’un pauvre sot

Nous n’explorerons jamais assez ni nos greniers ni nos soutes

Ont participé: les cinq doigts de la main

Eclaircie l’index

Elisa l’annulaire

Phoenixs le pouce

4Z2A84 le majeur

Heliomel l’auriculaire

 

 

 

 

 

 

5 réponses sur “Carbonisées, oubliées, les mains mijotent encore”

  1. phoenixs dit :

    De ces mots pêle-mêle on ne distingue pas toujours les textes, dommage…Il reste des filles au balcon, des voyageurs revenus de la lune sans un seul croissant, des rois au rot sonore sous une colonne molle et c’est sans doute l’essentiel 😉

  2. 4Z2A84 dit :

    Bel héraut, quitte les quais en nougat et parle-nous à l’oreille pour nous révéler ceci :
    les idées mijotent durant treize lignes
    on les sert avec les visages d’une soupe d’orties
    à de vieilles maisons ayant des mines de jeune fille
    les occupants du trône en profitent
    – ainsi pour un sommeil de cendres froides
    dorment la tête sur l’épaule de l’aimée
    les rois entre deux éructations.

  3. Elisa Romain dit :

    Il y a de très belles correspondances !
    J’aime ces voix qui s’élèvent sans jamais retomber !

  4. Éclaircie dit :

    Les mains mijotent, préparent pour Zephe une potion douce, amère, douce-amère, aux saveurs dont les papilles deviennent dépendantes.
    Depuis la lune, les quais en nougat, les douves, l’épaule de l’aimée, nous sommes ces rois, ces jeunes filles, ces chefs d’orchestre, ces cerveaux qui chaque semaine se réunissent sans que nous n’en ayons conscience pour nous offrir un bouquet toujours différent.

  5. heliomel dit :

    Faire un tour au dessus de ces vieilles maisons, ne pas toucher aux tuiles, elles tomberont bien toutes seules et puis, il ne faut pas déranger le sommeil des cendres froides, elles ne s’entendent guère avec la poussière des greniers, poussière qui n’est finalement que le fard de ces chaumières aux mines de jeune fille, longères assoupies qui fleurent le chaume et l’herbe folle.

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