Au loin

L’anaphore présidentielle (moi, président) souffrira, je pense, de cette comparaison…

Pourtant regarde au loin s’illuminer les îles,
Fais ton rêve d’encens, de myrrhe et de corail,
Fais ton rêve de fleurs et de roses asiles,
Fais ton rêve éventé par le large éventail
De la brise océane, au clair des étendues ;
Et songe aux Orients et songe à Benarès,
Songe à Thèbes, songe aux Babylones perdues,
Songe aux siècles tombés des Sphinx et des Hermès ;
Songe à ces Dieux d’airain debout au seuil des porches…

 

Emile Verhaeren

2 réponses sur “Au loin”

  1. Éclaircie dit :

    Merci pour le partage de cet extrait du poème d’Émile Verhaeren.
    Par ce choix, je te retrouve bien, fasciné d’histoire antique. Certes nous ne présidons qu’à notre plaisir en découvrant des poètes et en cherchant à les rejoindre sur la scène de la poésie.

  2. 4Z2A84 dit :

    « Toutes les civilisations meurent » (Valéry, cité de mémoire…). Mais les rêves et les songes qui nous les font revivre subsistent dans l’esprit et le cœur des poètes. Novalis a raison de nous rappeler que « tout ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière ».
    Quant à Verhaeren ce fut un immense poète – pour moi il le reste.

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