POEMES PONCTUELS PONCTUES OU PAS

 

Poèmes ponctuels ponctués ou pas.

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Lana Fort eut de nombreux enfants et de ce fait, fut jalousée par son amie Anna Coluthe qui ne fut jamais en situation d’en avoir malgré toutes les rencontres qu’elle eut avec de nombreux points virgule, des « e » aux accents graves ou aigus, des trémas et autres tirets.

 

Elle vivait aux [crochets] de sa mère un peu tête de litote, abandonnée par un chiasme qui, pensait-elle, la regardait souvent sans regarder les réalités de la vie.

 

Guy Yemet, cousin éloigné de ses parents Thaise, lui fit une déclaration  oxy mauresque  genre : moi président…Elle fut séduite, mais les promesses se transformèrent en points de suspension…

 

Elle eut une liaison avec un tilde espagnol, mais celui-ci était inconstant, un  espoir avec un marocain, Ali Terration, elle déchanta. Lassée de ses tentatives, elle décida de se retirer dans une bibliothèque comme on rentre au couvent.

 

Elle se laisse vivre, lit en diagonales des ouvrages sérieux ou pas, feuillette, annote, rature mais ne peut s’empêcher de rêver à tous ces ardents circonflexes qu’elle rencontre au hasard des pages ; peut-être que l’un d’eux, un jour, se retournera vers elle, se fera séduisant caron et qu’ils auront beaucoup d’œ collés,  pour  Noël ou Pâques, il suffit de laisser parler son cœur !!!

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Sous les jupes des pies,

 

On voit les tisanes

Les napperons pour l’hiver

Broderies à cancan

Pépiements de gazelles

On voit les restes de broutilles

Disputes majorées

Querelles enfantines que rien

Ne calme

Rancunes en toile de jute

Rires secs coincés

Au coin de l’œil

Entre lard et chiffon.

Sous les jupes des pies

Les dessous à l’envers

Nous disent dans la nuit

Que la vie s’est tarie…

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Marilyn attend depuis trois jours et trois nuits. Toujours aussi belle, un sourire extrêmement doux posé sur son joli visage. Personne ne vient ni ne semble la voir. Cela ne la trouble pas, ou elle n’en montre rien. Rien, si ce n’est un léger tremblement de tout son corps, dû sans doute à la fraîcheur de notre climat.

Alors je repense aux roses qui fleurissent et sourient, elles aussi, de l’autre côté de ma fenêtre. Je prends conscience de leur élégance infinie et de leur immense fragilité. Pourtant, elles s’épanouissent, jour après jour, nuit après nuit, et déploient leur délicieux parfum dans le jardin encore sous le charme des effluves du lilas.

Les maisons, gonflées d’humidité, s’offrent à la nature environnante, s’unissent aux couleurs que l’absence de sécheresse peint ici et là.

Ma nostalgie s’estompe. J’occupe à mon tour une place, entre les arbres et les fleurs, entre les briques et les pierres, entre les champs si bien peignés et les villages transis.

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Hérissons et salades conversent de la rareté

Des limaces noires

De loin les meilleures dans les courses d’obstacles

Lorsqu’au jardin les pierres s’éveillent et sortent du néant

Ou de terre dans les nuits très sombres et muettes

D’un simple filet de bave

Elles créent une œuvre d’art

Un lacis de pointillés aux couleurs imprévues

Un labyrinthe où les grillons promènent leur progéniture

Une toile que les caméléons rêvent de croiser

Une fois dans leur vie et puissent dire

« Nous avons revêtu le manteau d’un artiste »

Et tandis que l’épeire se remet à broder

Sans trop connaître l’ampleur de son ouvrage

L’aube attend sagement que le carré de laitues

Se résigne à la seule compagnie d’une vinaigrette

Et de quelques gouttes de fraîche rosée

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De la poubelle surgissent d’interminables bandes de papier

Sur lesquelles se lit notre histoire

Et nos regrets de n’avoir su l’écrire jusqu’au bout

Il reste toujours des choses à dire sur rien du tout

Une vache donne si longtemps du lait le lait du fromage

Le fromage se plaît sur le plateau qui lui est consacré

S’il surprend des individus pleins d’appétit en train de le guigner

Il fera signe au vin de l’accompagner

Nous partirons malgré les embûches

On trouvera notre peau laissée au vestiaire

Sur un fil de fer crédible dans son rôle de cintre.

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Vous avez aimé lire :

 

Eclaircie,

Elisa R.,

Héliomel,

Phoenixs

et 4Z.

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5 réponses sur “POEMES PONCTUELS PONCTUES OU PAS”

  1. 4Z2A84 dit :

    Pour éviter un vol furieux d’accents circonflexe et de virgules digne des Oiseaux d’Hitchcock, Marilyn parvint à se cacher sous une laitue – et moi sous les jupes des pies.

  2. Phoenixs dit :

    Les roses pleines trouvent leur place sans laisser de points derrière elles pendant que les vaches se plaisent sur le plateau d’une balance sans fléau.
    Nous avons traversé beaucoup de paysages cette fois-ci, et peu resteront perdus sur un cintre dans nos placards…

  3. Éclaircie dit :

    Effectivement, j’ai aimé lire ces auteurs !
    Le titre donne la mesure, attendez-vous à des figures de style dans une suite d’images dont le flots ne tarit pas !
    Rien, ici, n’est « broutilles » ou « rien du tout »
    La vie des limaces, des Marilyn, des salades, d’une vache, des gazelles, d’Ana ou d’Ali est tellement palpitante sous nos plumes !

  4. Elisa-R dit :

    Je vous avoue un secret : parfois, l’écran ne me suffit plus et j’imprime pour mieux voir…Il y a ici quelques trésors !

  5. heliomel dit :

    Encore des morceaux de bravoure!
    On laisse sa peau au vestiaire mais on trempe toujours la plume dans l’encrier de nos fantasmes!

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