Le rêve de l’hirondelle

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Pour se protéger des particules alimentaires
Cette année les arbres poussent à l’envers
Plus de feuilles qui polluent les sacs gratuits
Terminés, oubliés les ramassages fortuits
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Adieu fleurs et cohortes de pollen vicieux
Qui entrent dans les poumons et sortent par les yeux
Plus de pics, plus de filtres à charbon
Bonjour les nouvelles valises en carton
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Sur la tombe de l’ingénieur Diesel
Un simple bouquet artificiel
Les pissenlits par la racine ça sera facile
Une simple échelle, on les aura à domicile
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Dans nos caissons de métal
Isolés du monde
Soudainement proches de Donizetti
Ou de Puccini
Nous laissons la musique éteindre l’ordinaire
Plonger une main jusqu’à notre coeur
Le ramener à la vie
Dehors des coulées de soleil redonnent aux toitures tristes
Des contours chatoyants
Les petites herbes vertes dodelinent muettes
Nous saluent d’un sourire printanier
Aucune pluie n’y pourra rien changer
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Se gratter les ailes,
Pendant que l’eau dort sous l’anguille
La roche soupire
Pendant que les ânes braient
La caravane traverse nos mirages
Pendant que l’ hirondelle découd sa tapisserie
Le printemps tricote ses fredaines
Pendant que la vérité s’essuie les pieds sous nos semelles
Le cordonnier bat le fer tant qu’il est chaud
Pendant que le maçon cherche son mur
Les étourneaux se grattent la mémoire
Et les poux déménagent à la cloche de bois
De nos têtes si creuses…
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Le silence du printemps
A des sonorités plus colorées
Quand la cendre refroidie
Ne s’élève pas plus haut
Que des œufs montés en neige
Les seuls flocons sont de soie
Et volettent sous l’œil attendri
De toute la parentèle
Ce sont les arbres qui ont inventé cette saison
Pour sa débauche de couleurs tendres
Et tous les contes
Que les oiseaux rentrés de contrées lointaines
Leur murmurent au creux des rameaux naissants
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A la fenêtre autrefois blanche
Un homme en habit noir se penche
Examinant l’activité
De fourmi du nouveau quartier.
Achetez-moi mes belles pommes !
Je les offre pour quelques francs.
Mon poisson est frais et plus franc
Qu’aujourd’hui ne le sont les hommes…
Robes taillées dans ces tissus
Durent plus longtemps que soi-même…
Nos dormeuses ont les vertus
Que l’on attribue à la gemme.
Une auto passe d’autres suivent
Sont-ce les mêmes qui repassent
Sans fin de l’une à l’autre rive ?
Au volant : des viragos lasses…
Si le silence te rassure
Garde secrète ta blessure.

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Phoenixs, Eclaircie, 4Z, Héliomel et moi : tout le monde était là pour ce vendredi beau comme un dimanche…

 

 

 

 

4 replies on “Le rêve de l’hirondelle”

  1. phoenixs dit :

    Je verrais bien une virago, le gemme par la racine, sur un air de Puccini, rentrer ses ailes dans les particules évanouies de ces assonances orchestrées par ZEPHE !

  2. Heliomel dit :

    Le printemps n’échappe pas à Zephe qui rêve de poisson frais sur cendre refroidie, pendant que l’eau dort sous l’anguille, il pleut des particules sur des coulées de soleils impairs.

  3. Éclaircie dit :

    L’ordinaire de Zephe est toujours extraordinaire. Grave ou léger, en couleur ou en musique.

  4. 4Z2A84 dit :

    Toutes les pommes ne sont pas à vendre
    quand le printemps à la fois silencieux et sonore
    fleurit des arbres qui poussent à l’envers.
    Si la musique éteint l’ordinaire
    la roche soupirera
    les poux déménageront à la cloche de bois
    et les œufs monteront en neige.
    Zephe l’a dit. Je le confirme.

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