La mémoire de l’avenir

 

 

Il en est, comme lui, qui jamais ne trouvent refuge

Ce sont des oiseaux qui ne volent plus

Leurs ailes inutiles sont sujets de moqueries

Il en est comme lui qui se cachent

Au milieu des autres si semblables

En apparence

On les reconnaît

Au silence de leur bouche

A ces tombes de fleurs encore fraîches

Parmi les dalles froides décorées de poussière

 

Il veut mourir debout comme un érable désargenté

Sa jeunesse l’a quitté, à pas petits pas feutrés

De catastrophes en cataractes

Amatoires et derniers actes

 

L’âge venu, il regarde pâlir les étoiles

Sa vieillesse lui offre un dernier tour de bal

Hypocrite, elle veut lui faire croire

Que ce n’est pas lui dans ce  miroir

 

Play listes effacées

Icônes émaciées

Ses muscles endoloris

Suppriment ses favoris

 

La mémoire ridicule

L’amie de son crépuscule

Se souvient de ce qui l’arrange

Mais oublie ce qui la dérange

 

Il n’y a  de lumière ?

La petite sauterelle tourne en rond

Le couloir angles aigus

L’enferme dans l’ombre

Vieil animal pris au piège de la mémoire

Morte

Elle empoigne les portes sans les ouvrir

Grelotte de sa voix aiguë :

Il n’y a pas de lumière ?

Nous ne répondons plus, pétrifiés

Sur le seuil du vertige

Il ne viendra pas d’allumeur de réverbère

Pas de soleil entre les souvenirs

Pas de main habile pour la tirer de là

Où nous gisons

Ce grand noir qui nous obscurcit le cœur…

 

La nuit dédaigne nombre de ses soupirants

Jamais elle ne se dévoile

La lumière artificielle

Qu’ils lui offrent

Renforce son masque

Éloigne un peu plus son visage

Seule sa chevelure enluminée d’étoiles

Transparaît au zénith

C’est aux arbres qu’elle se marie

Sur le flanc des collines où le vent les berce

Portant au loin les fruits de leur union

 

Pour connaître son avenir entre tous les avenirs impatients de monter sur scène

On tire au sort

Et le sort mord le glaçon accroché à l’angle du toit

Ainsi l’hiver et ses chevaux sculptés illustrent l’affiche

La seule dont le plafond s’enorgueillit  quand on la montre du doigt

Plus tard elle flottera sur cet océan d’illusions où les vagues trichent

Le sommeil donne des coups de coude à la nuit

Ce procédé la tiendrait en haleine

Le somnambule traversant d’un pas léger la clairière

S’il ne craint ni le froid ni les pièges tendus par la rosée

Pourquoi son cœur bat-il si fort près du nôtre.

 

Dans les rôles d’hier, de demain, d’après-demain, du jour et de la nuit :

4Z .Élisa.Phoenixs.Héliomel.Éclaircie

 

4 réponses sur “La mémoire de l’avenir”

  1. 4Z2A84 dit :

    Quand l’avenir se souvient, il parle encore de ZEPHE, ce cinq en un qui sans avoir recours à la gestalt-thérapie, produisait semaine après semaine une pluie d’étoiles neuves.

  2. Elisa Romain dit :

    Chaque coeur de ZEPHE bat auprès de tous les autres. Qu’on ne me dise pas le contraire je ne pourrais le croire.

  3. Phoenixs dit :

    Que d’oiseaux aux ailes grelottantes sur le rebord des toits à la petite bouche de silence ! Que de dalles couvertes de fleur glaçon sans lumière !
    Parviendront-ils à se glisser entre les  » pièges de la rosée  » et tous les  » masques  » tendus sur la peau des étoiles ?
    Une semaine en ZEPHE plus mélancolique.
    Sans doute le fruit de ces temps qui pâlissent les espoirs…

  4. Heliomel dit :

    Sans doute un effet de l’équinoxe proche, moment d’équilibre qui ne dure qu’une fraction de seconde, plus ou moins, deux mots qui s’accrochent, moins de neige, plus de soleil, moins de nuit plus de jour. La lumière s’apprivoise, il est trop tard ou trop tôt, plus ou moins…

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