L’ombre de l’eau ressort du masque

C’est le long des haines

Qu’on enterre les secrets gardés par les ifs

Il n’y a plus de mauvaises herbes

Juste des herbes folles

Il y a des chaînes le long de certains tombeaux

Mais c’est nous qui faisons la chaîne

Pour finalement nous  retrouver

Avec des os qui n’ont plus de sexe

Au cimetière la lune est claire

Elle joue du violon

Pour les archets défunts

La terre battue ne se plaint jamais

Mars en Carême,

Quand tu auras posé ton masque
Ta ligature de trompe la mort
Tes grimaces sèches
Et tes loups sans velours
Nous pourrons retrouver aux bois
Les derniers chaperons décoiffés
Tressés de rires écarlates
Qui rendent au soleil la force d’emporter
L’ombre..

.

En hélicoptère on survole tant d’eau

Les jardins la tètent elle les rassasie tous les jours

Dans sa direction les arbres allongent leurs racines

On la caresse des yeux avant de lui donner à laver des dessous

Les museaux s’y trempent comme le pain dans la soupe

On la boit sans soif entre des doigts qui la laissent filer

Car elle se donne à tous mais pour seulement une seconde

Elle n’a pas comme nous la notion du temps pris à la gorge

Du temps presque étranglé par ses coureurs

On survole trop d’eau pour songer à en remplir ses poches

Un aigle vole au secours des parachutistes pris dans les cordes

Accrochez-vous à ses serres tenez bon jusqu’au tapis volant

Jusqu’à l’arrivée de votre lit et de vos rêves épinglés sur le liège

Dans ces cas-là un aigle vaut mieux qu’un ortolan

Mais même les lits les moins peuplés ne sont pas à l’abri des pièges

La lune en tend le jour quand on la croit endormie ou passée de mode

On ne vérifie jamais assez la souplesse de ses ressorts

Lorsque d’un tremplin gémissant on saute vers le lustre où parmi les bougies rampent des gastropodes

.

Il s’embarque sans se soucier de la destination

À peine a-t-il l’impression

De suivre des rails ou des vagues

Bien alignés toujours vers la lumière

Des cimes de loin en loin se détachent

Sur un écran ni bleu ni gris

Peut-être vert comme dans son souvenir

Le grand pré ou l’immense océan

Il sait le sourire radieux au bout du voyage

De quelque planète de quelque visage

Il sait aussi le creux froid du lit

Que la rivière a déserté l’invitant avec elle

Afin de retrouver le frémissement premier

.

Finalement passif sous les lampions du jour peu ponctuel

Il s’endort debout sur un terril d’herbe jaune

Viennent en ses songes les rats du bout d’un tunnel

Des éléphants trottant discrètement sur la pointe d’une langue

De vipère à tête comment déjà

A ce moment tout n’est que spirale sans fin sans fin

Comme si le trouble n’était pas déjà au comble et les clous arrachés

La dernière pelletée négligemment jetée sur le corps

La foule bigarrée s’en retournerait au tout gris des autres journées

Le coeur en joie la fête autour des entrailles bien cachées

Mais plus qu’un délit sans son corps et des fleurs odieusement belles

A la place du presque mort qui peu courtois manque à l’appel

Aucun des membres ne manque à Zephe

4Z2A84

Eclaircie

Phoenix

Heliomel

Elisa-R

 

 

7 replies on “L’ombre de l’eau ressort du masque”

  1. Heliomel dit :

    Ce matin Zephe a L’oeil globuleux des lendemains de fêtes, il ne sait plus s’il a fait des crêpes pour mardi gras ou du ski nautique à Cannes. Mais en hélicoptère, il a trouvé la France belle vue du ciel,tout est à sa place…

  2. Phoenixs dit :

    Tous ces os sans sexe le long des cimes et des chaines, ces eaux troublées sur lesquelles flottent des clous d’éléphant.
    Que devient la langue de vipère ? Elle sort sur le dos de l’aigle.
    Ce n’est pas au cimetière que finiront ces paroles zéphiques

  3. 4Z2A84 dit :

    Quand la lune est au violon dansent, sous leurs loups sans velours, les os asexués. C’est alors que le vipère à tête…comment déjà ?…à tête de lit déserté par la rivière, survole en hélicoptère le tapis volant.

  4. 4Z2A84 dit :

    LA vipère nom d’une pipe !

  5. Elisa-R dit :

    Sous ce masque, la vipère peut bien usurper un autre genre, cela ne changera rien à cette fabuleuse explosion d’images ! Si écrire est amusant, lire ce que ZEPHE nous inspire l’est bien plus encore.

  6. Phoenixs dit :

    La vipère, chez moi, Dort et non sort sur le dos de l’aigle

  7. Heliomel dit :

    Il ne suffit pas que la vipère mette un masque pour nous faire avaler des couleuvres dont les vessies sont des lanternes.

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