Flâneries au bord du vide, conte de la lune.

 

La cave a peur

On ne plus qui

Est qui ?

Voila que le seau à charbon

Se prend pour une pelle

Le balai se voit en ballerine

Et le chausson en froufrou d’oseille

Le rat des champs danse en éléphant

Blanc

A l’y voir on dirait une souris transgénique

On ne sait plus qui

Hait qui ?

Mais les saisons sont folles

De se croire éternelles…

 

..

Le soleil s’efface et le jour devient sombre

Ma vie soudain vibre entre des mains inconnues

Elle n’ est plus qu’un serpent sourd à peau synthétique

Enroulée sur elle-même sans aucun souvenir

Une ridicule accumulation de centimètres

Indispensables pour l’ennemi qui surgit devant moi

Pauvre fou à la tête d’une armée de fantômes

Instant hors du temps

Secondes indolentes allongées par les soldats du cerveau

Sous mon pied la vie et la mort ressassent les petits bruits courants du jour

Le temps revient à lui sur un signe de mes freins

Le volant vibre encore un peu sous les doigts du chauffard

Nos chemins se décroisent et se séparent

Le ciel délaisse sa pâleur et le soleil ses ombres

 

Quand le ciel parcouru d’autoroutes sans nombre

Eloigna le soleil de son espace une ombre

Dans laquelle chacun crut se perdre troubla

Notre sérénité. L’eau des lacs taciturnes

Une lourde paupière en affaiblit l’éclat

Dans les villas le froid doubla nos couvertures

Les moteurs s’éteignaient par manque de courage

Le pétrole apprenant à l’encre son langage

La contrition germa dans nos cœurs, puis le vœu

De ne plus circuler au-dessus des nuages

Emut la nuit comme le sort d’un amoureux

Econduit car la nuit veille sentimentale

Sur le couple formé par l’étoile et le ver.

.

Le jour naissant, peu à peu

Dessine un nouveau paysage

La maison qui voguait sur un océan de vide

Ou dans un ciel si noir qu’on ne la voyait pas

Retrouve ses marques, murs bien ancrés

Sur la terrasse ouverte au levant

La colline regagne l’espace entre le chemin

Et la cime des arbres revenus de ce voyage

Dont ils ne disent rien mais déploient

Plus fort, plus loin, les rameaux qui se jouent du vent

La cheminée reprend sa place, cendres envolées

Une silhouette s’approche de la première fenêtre

Et le cerisier marqué par les ans et tant de récoltes

Conserve ses branches mortes, perchoirs aux oiseaux.

.

Entre terre et mer

Des marins téméraires

De leurs canons dissuasifs

Sillonnent des sentiers abusifs

.

Ils reniflent les étoiles au firmament

Vêtements mouillés d’embrun frissonnant

Un fanal humble et dérisoire lumignon

Ballote et donne contre le mât d’artimon

.

Mousses penchés aux bastingages

Tendez haubans, hâlez cordages

Mâts de misaine, toiles de poupe

Mâts de misère, voiles d’étoupe

.

Aventurier et capitaine

Equipages, hommes de peine

Rêvent de troc et d’étain

Contre le mythique or brun

.

 

L’équipage se composait ainsi :  Eclaircie, Phoenixs, 4Z , Héliomel et moi-même.

 

6 replies on “Flâneries au bord du vide, conte de la lune.”

  1. Elisa-R dit :

    Je découvre à chaque fois vos écrits avec un plaisir neuf . Les liens secrets de l’écriture unissent notre équipage, quelle que soit la saison ou la couleur du ciel…

  2. 4Z2A84 dit :

    Des sentiers abusifs nous mènent vers des chemins qui se décroisent et se séparent…On se retrouve au ciel, sur l’autoroute, ou devant une cheminée privée de cendres. D’où il appert que tout comme les civilisations les saisons sont folles de se croire éternelles. Seuls les somnambules flânent sans appréhension au bord du vide en pyjama – et en parachute. Renifler les étoiles débouche les narines. Distinguez des chromosomes les soldats du cerveau ! A la maison qui vogue sur un océan de vide on offre avec des rames des galériens aériens. Ainsi circulent au-dessus des nuages un fou et son armée de fantômes. Vers où vont-ils ? Ils s’enfoncent dans le sol. Une cave les accueille – un seau à charbon devenu grâce à la chirurgie esthétique une belle pelle comme on aime les rouler. Dans la farine, sous un cerisier marqué par les ans ou au bord d’un lac taciturne. Etc.

  3. Heliomel dit :

    Le soleil s’efface et le jour devient sombre
    La maison qui voguait sur un océan de vide
    Ou dans un ciel si noir qu’on ne la voyait pas
    Mais les saisons sont folles
    De se croire éternelles…
    Le ciel délaisse sa pâleur et le soleil ses ombres
    Les sentiers abusifs (Le rouge et le noir) nous emmènent si loin, au delà de la cime des arbres où s’envolent les cendres. Nos chemins se décroisent et se séparent, mais se retrouvent chaque fin de semaine

  4. Phoenixs dit :

    Je lis plus attentivement, sans vertige et je reviens voir où en sont les oiseaux 😉

  5. phoenixs dit :

    Et l’équipage, sous le ver en étoile poursuit sa navigation le long des rocs de mots, des cerisiers en peau de serpent lourd, sans trop savoir si sa vie sera de bricoles, d’égarements sur les sentiers abusifs ou sur le dos des nuages.
    Il vogue entre le bas laid et le firme amant…

  6. Éclaircie dit :

    « Flâneries »…Ah ! Que j’aime ce mot ! Autant pour sa douceur que pour l’étendue de l’espace ouvert.
    L’éléphant blanc dans la cave ou la soute rejoint le dessus des nuages. Le navire et ses cinq capitaines, avec seaux et charbon, s’éloignent des autoroutes, du tumulte des freins et des cerveaux, emportant souris, oiseaux, par des sentiers abusifs, entre les arbres silencieux mais attentifs aux étoiles comme aux saisons.

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