Les lapins à pas de géants

Sulfatée la grappe de bijoux s’éteint

Elle n’éclaire plus un couloir sans fin

On atteint le bout de ses espérances en plongeant dans le vide

Aucun n’oublie ses ailes même la moins avide

Des créatures qui vivent sans savoir qu’elles vivent

Ni sans avoir assez d’une seule tête

Il nous faut plus d’un front pour bien rêver

Blanchir tous nos murs exige plus de savon que la mer n’en use

Par ailleurs le compte des vagues et de leur rendement est un travail d’insecte

Nous ne jouons plus avec nos neurones comme autrefois

Quand les maisons partent en fumée les trains restent

.

Entourant le grand pré les géants veillent

Chaque graine échouée trouve un creux de sillon

Sous leur regard bienveillant

Si l’eau hésite à se retirer dans son lit

Elle filtre la lumière et baigne le reflet

Du soleil comme de la lune

Mimant la douceur d’une mère pour son enfant

Les voix qui m’accompagnent

Aussi fermes et puissantes que ces titans

Laissent entendre leur chant

Sur la volée de notes semées par ma fenêtre

Que le vent s’empresse de saisir et d’amplifier

.

Le soleil plonge dans le bleu de mes yeux

Un oiseau d’hiver trouve refuge dans le spectre d’une écurie

Les fers claquent sur les pavés luisants

Un cheval aux longs cils entre au pas dans une brume

Visible uniquement de l’endroit où je me tiens

Une porte se ferme en sursaut et m’éveille au jour présent

Un merle m’avoue que les nids mouillés sont bien froids

L’un d’entre nous se décide à regarder le ciel

Quelqu’un l’a ouvert comme on ouvre une fenêtre

Quand le sommeil de janvier soudain rêve de printemps

 

Tour de magie,

Un lapin fort distingué décida d’épouser son chapeau

La demande fut faite avec des gants

Le haut de forme claqua son refus

Et s’enfonça dans le crane d’un magicien hermaphrodite

Ainsi va la vie des tours de passe-passe :

L’on croit jouer de sa baguette

C’est elle qui nous dirige

L’on pense chevaucher sa partie

Et c’est elle qui tourne casaque…

.

Square Lamarck

Le parfum de l’air fleure  la nuit

Comme la cheminée capricieuse

Le trottoir humide fumerolle

Les nuages s’enfuient en désordre
L’escalier de pierres grises

Supporte les volutes des fers forgés

Les glissoirs de l’enfance

Ne comptent plus les genoux écorchés
La pleine lune luit l’espace d’un instant

Elle peint  de blanc crayeux

Le dessus des rambardes jumelles

Regarde l’aura des réverbères

.

 

Eclaircie a l’assemblage

Elisa-R à l’emboutissage

Phoenixs au montage

4Z2A84  au toit ouvrant

Heliomel à la peinture

Zephe  construit en vue du printemps

8 réponses sur “Les lapins à pas de géants”

  1. Éclaircie dit :

    Zephe est magique et vient d’apparaître !
    je reviens lire ces grands travaux plus sérieusement, ma poêle à crêpes m’appelle…

  2. 4Z2A84 dit :

    Magnifique suite. Nous ne sommes que cinq et l’on croit entendre un orchestre symphonique interprétant une œuvre monumentale. Des voix chantent la Terre avec lyrisme. L’humour n’est pas absent. Je veux bien croire que la baguette du chef…ou celle des fées…dirige les instruments de musique dont ZEPHE joue en virtuose.

  3. Éclaircie dit :

    Rural ce Zephe, en grande partie, avec retour en ville sous un éclairage tendre, enfantin et très nature aussi. Sans doute le magicien guette-t-il le printemps..
    Nous sommes 5, certes, mais nous avons un nombre incalculables de fronts…et nos fenêtres sont toujours largement ouvertes.

  4. 4Z2A84 dit :

    « Il y a un homme coupé en deux par la fenêtre » (« Cadavre exquis »).

  5. Heliomel dit :

    Dans mon petit jardin
    Il y a un vieux lapin
    qui suce un hibiscus
    Il fait foin du crocus

    crocus, forsythias, tout démarre en fanfare, il reste des roses de l’an passé, je ne sais plus si je dois les appeler les neuves ou les vieilles, je vais me renseigner auprès du lapin

  6. Elisa Romain dit :

    Ambiance idéale pour souhaiter un bon anniversaire à Phoenixs, avec le décalage qui me caractérise en ce moment.

    J’aime les lapins, surtout quand ils offrent un tel univers de lecture(s).

  7. Phoenixs dit :

    J’entre donc à mon tour dans le ciel ouvert par les mots du groupe qui, tels, des angelots d’un siècle oublié gardent soigneusement la puissance du poète à l’œuvre on sans sourire aux titans du silence 😉

  8. Phoenixs dit :

    « Non sans sourire aux titans du silence »

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