Hors des sentiers battus.

 

Hors des sentiers battus.

*

Bienvenue au club des songes

Nous refaisons le monde tricoté sans maille

Avec les petites cuillers du hasard

Nos pensées déconfuses flottent entre deux genres

Sans pont Mirabeau mirabelle

Lasses

Nous aurions voulu bâtir l’Utopie

Dorée sur tranches ponts et portes ouvertes

Nous aurions voulu

Mais

Il manque un cure dent pour ôter cette miette

Dans le trou agacé de nos dents creuses

De trop mordre la poussière…

*

Voyage de noces

.

Amère et marrie

La mère de la mariée s’alarme

Sous les horloges figées

Une pluie fine tombe

.

Désarmée de voir les amarres mariner

Car la mer se meurt et son mari se marre

Par temps clair de la pointe du Raz

On aperçoit New York

.

En ramant  le maraud marmonne

Même  la marée murmure

La malle de Djakarta dandine

Entre obélisque et Manhattan

.

L’américain rejoint l’armoricaine

L’harmonica est à la traîne

En se retirant la mer bave

Jusqu’en pays Batave

*

J’étais ce ruban courant sur le fil du vent

Aux couleurs profondes et toujours changeantes

J’ai voulu nouer les cheveux de la mer

Tresser la crinière des vagues et chevaucher les flots

L’océan m’a renvoyée au pied des grands arbres

Épouser le chuchotis des branches nues

Attendre des nuits et des jours les frissonnements de la sève

Prendre corps et racines

Apprivoiser la trame des récits à venir

Et laisser mon seul regard divaguer du haut des falaises

*

Mots, désobéissez !

On ne vous en voudra pas

De prendre un peu de liberté

Après tant de contraintes…

Et toi, ponctuation,

N’accorde plus entre les mots

Une seconde de repos !

Valse j’mouton dune plusieurs désormais

Les bondissez scaphandre désarmèrent allusions par

Quand un voltige prune mais l’banc pour mandibule

Chinois hébreux qu’nageoire allumette avec donc

*

A l’œuvre :

Eclaircie,

Héliomel,

Phoenixs,

4Z.

15 réponses sur “Hors des sentiers battus.”

  1. 4Z2A84 dit :

    Au club des songes mmmmmmmmmmmmmmmmmm on se régale tout en rêvant de tresser la crinière des vagues, à défaut de bâtir l’Utopie. Mots, ne nous désespérez pas !

  2. 4Z2A84 dit :

    Il manque une étoile au ciel de ce PPV : Elisa…

  3. Heliomel dit :

    Les mots sont en vacance de ponctuation ils peuvent aller se baigner en laissant leurs rubans sous le pont Mirabeau épouser le chuchotis de branches il leur reste à rêver de scaphandre qui n’auraient ni virgules ni points de croix ah ça fait du bien, point de suspension

  4. Phoenixs dit :

    Voilà que les dunes se tressent des ponctuations sans retour et sans contraintes, voilà que les rivages prennent le visages des Utopies balayées devant nos mots cousus de fer blanc et d’or…
    Elisa, sans doute, doit les ramasser quelque part pour nous les rendre ?

  5. Éclaircie dit :

    Noce au club des songes, sous le pont Mirabeau mais sans Mirabelle. Marée et mariée aux rubans tressés n’obéissent pas plus que les mots. La falaise de l’Utopie ponctue la cérémonie et de la pointe du Raz jusqu’à Manhattan, on s’apostrophe, on croque la vie et valsent dune et mandibule.

    Nous attendons Élisa pour détricoter les horloges et de ses nageoires peindre la liberté.

  6. Elisa-R dit :

    La trame des récits à venir par maraud ou en songe, délurée sans doute car libérée de l’obéissance des mots. Un programme bien séduisant !

    Merci à ZEPH pour ce délicieux délire, poétique à souhait.

  7. Heliomel dit :

    Elisa-R Fallait-il que vous nous manquassiez tant pour que nous nous apercevions si vite qu’ à ce Zephe, aussi brillant fut-il, il convenait de dire : Holà mon ami, est -ce ne vous déhanchant qu’une patte vous perdîtes?

  8. 4Z2A84 dit :

    …pour que nous nous aperçussions…au titre de la concordance des temps ?
    Et pourquoi pas : Fallut-il que vous nous manquassiez pour que nous nous aperçussions si vite qu’à ce Zephe, aussi brillant fût-il, il convînt de dire…
    Et pourquoi pas : Aurait-il fallu que vous nous eussiez manqué pour que nous nous fussions aperçus si vite qu’à ce Zephe, aussi brillant eût-il été, il aurait été convenu de dire…
    le subjonctif : un cauchemar

  9. 4Z2A84 dit :

    « II (Flaubert) avait beau regimber, s’irriter, m’appeler Lhomond, Boiste, Noël et Chapsal, me traiter de pion et de grammairien détraqué, il s’attendrissait, avait les larmes aux yeux et éclatait de rire quand je lui disais : « Au nom de ta gloire, respecte la règle des possessifs ! » Il prétendait, il a toujours prétendu que l’écrivain est libre, selon les exigences de son style, d’accepter ou de rejeter les prescriptions grammaticales qui régissent la langue française, et que les seules lois auxquelles il faut se soumettre sont les lois de l’harmonie. Ainsi il n’eût pas hésité à dire : Je voudrais que vous alliez, au lieu de : je voudrais que vous allassiez, parce que l’imparfait du subjonctif est d’une tonalité déplaisante. — Du reste George Sand était ainsi. — Là- dessus nous discutions sans désemparer. Un soir, nous avions travaillé, — c’était le mot de Flaubert, — jusqu’à une heure du matin. Vers trois heures, je fus réveillé par un effroyable vacarme à ma porte : coups de sonnette et coups de pied ; je me lève tout effaré, je vais ouvrir. Sur le palier, Flaubert me crie : « Oui, vieux pédagogue, l’accord des temps est une ineptie, j’ai le droit de dire : Je voudrais que la grammaire soit à tous les diables et non pas : fût, entends-tu ? » Puis il dégringola les escaliers sans même attendre ma réponse. Il disait que le style et la grammaire sont choses différentes ; il citait les plus grands écrivains, qui presque tous ont été incorrects, et faisait remarquer que nul grammairien n’a jamais su écrire. Sur ces points nous étions du même avis, car son opinion s’appuyait sur de tels exemples qu’elle est indiscutable. »
    …Je ne sais pas qui est l’auteur de ce texte (trouvé via Google à ma demande : « Flaubert et le subjonctif »). Vraisemblablement un ami de Flaubert. Du Camp, peut-être.

  10. phoenixs dit :

    Encore eût-il fallu que je le…
    Cela ne nous dit pas dit où était Elisa au moment du ZEPHE et son JO 😉

  11. Elisa-R dit :

    Ah que j’aime Flaubert ! Quant au E de ZEPHE, je le dérobe et le fait mien, le premier appartenant selon moi à Eclaircie.

    A vendredi et bise à tous, même à Gustave.

  12. Elisa Romain dit :

    …le faiS mien serait sans doute plus juste. Je relis « Hors des sentiers battus » avec un immense bonheur.

    Bravo à tous les membres du ZEPHE !

  13. Éclaircie dit :

    J’aime aussi beaucoup Flaubert, et plus encore lorsqu’il préfère l’harmonie à la rigueur grammaticale…
    Car avouez que certaines terminaisons du subjonctif sont des plus grinçantes, sifflantes…
    Je comprends que le « S » d’Élisa ait fui 🙂

  14. 4Z2A84 dit :

    Entre autres à cause des difficultés qu’il offre j’aime le subjonctif. Néanmoins, qu’on ne se méprenne pas : plus paresseux que moi tu meurs.

  15. Heliomel dit :

    Flaubert et son gueuloir demeuré célèbre…L’euphonie est importante à ses yeux, écrivain et musicien des mots.

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