Vif envol

 

 

Je vous écris depuis un autobus

De Madeleine à Royale

Là on démonte des guirlandes

Ici on met des sacs sur les sapins

Des boutiquiers traits tirés

Lèvent lentement leurs rideaux fatigués

La Concorde passée on traverse la Seine

Des bouquinistes jaugent les Japonais

Les vélos se font arroser par les engins municipaux

Il y a des hérissons dans les porte-monnaie

Des oursins dans les poubelles des écaillers

Un oursin, c’est un hérisson qui n’a pas réussi

J’aime les années paires puisque je suis gaucher

 

Les bonnes résolutions,

 

Nous avons décidé de ne rien prendre

Définitivement

A choisir laissons la queue du cerf-volant

Par son envol guidée

Pieux le vœu vaut bien de n’être pas émis

Houx gui qu’importe

Si l’intention toujours bascule

Entre le possible et le rêve

Eveillé…

 

Sur le gravier l’empreinte est là

Sans que personne ne soit passé

Hier nul ne l’a remarquée

Large elle invite notre pas

À se glisser dans son contour

Et l’on devient l’homme marchant

Les arbres ne sont pas surpris

Depuis toujours ils attendaient

Celui qui enfin saura dire

Leur vibration devant les chants

Des voix unies portant le jour

 

La vie naissait enfin promettant le bonheur : des visages rosis par les jeux au grand air,

des fêtes formidables à chaque anniversaire, de belles années toute noyées de candeur.

Ses voyages se feraient à dos d’hirondelle. Le ciel et les saisons seraient son horizon,

l’amour et l’amitié vivraient en sa maison : à elle la douceur des tendres ritournelles.

Mais le fragile espoir retenu trop longtemps devenait sombre et triste en sa cage d’argent :

Le bel oiseau devint créature soumise.

Rien ni personne ne lui rendait sa gaieté. L’enfance éperdue lui offrit la liberté.

Comme offrant son âme à une terre promise.

 

La montagne se déplace avec lenteur

Quand nous la contournons

D’un pas égal en chantant

A notre air un air plus vif se mêle

(Bruit l’eau azurée de la source

Entre des coups de feu)

Le squelette se crispe autour du fusil

De là furent visées les cimes

Personne jamais personne ne mourut

Frappé par un rayon de soleil

(Agonise l’eau azurée).

 

 

4Z.Élisa.Phoenixs.Héliomel.Éclaircie

(en partance pour une nouvelle année de poésie)

 

 

14 réponses sur “Vif envol”

  1. Phoenixs dit :

    Allons bon, le hérisson n’aurait pas réussi à s’envoler sur le dos de l’hirondelle ? On a du mal à y croire malgré les poubelles remplies de sapins, d’eau azurée, de rires d’enfants, nous savons bien que l’oursin gagnera lentement son paradis sans épine…
    Que cette année nous emporte sans nous laisser choir sur la tête d’un chauve !

  2. 4Z2A84 dit :

    Voyageant à dos d’hirondelle – à défaut d’oie (on l’a mangée sauf son foie… sacré), je survolai des engins municipaux au moment de leur accouplement avec des arbres pas du tout surpris d’entendre crier le gravier (ils ont l’oreille fine comme les huîtres). Je me réveillai en sœur (un déguisement…) et déclarai à haute voix : « Le rêve éveillé est le cerf volant du pauvre. »
    Que 2014 soit une année généreuse pour Zephe (il le mérite bien, le bougre!…tous les jeudis ou vendredis en train de se creuser les méninges…au risque d’y laisser des morceaux de cervelle… comme les joueurs à la roulette russe).

  3. heliomel dit :

    ce que j’aime dans l’hirondelle ce sont ses cris et ses ailes pointues, sa queue d’aronde a fait le tour du monde.

  4. Éclaircie dit :

    L’année est encore une enfant, l’entourent les restes de festin fêtant sa naissance. Elle rêve de cette liberté que l’on acquiert à dos d’hirondelle, près du soleil inoffensif. Saura-t-elle déplacer les montagnes qui nous séparent de l’eau vivante ? Possible avec cette âme vouée à la poésie. On veut rêver…

    L’hirondelle me fascine tant elle vole sans se poser ou si peu, par les courbes qu’elle dessine et son rôle de baromètre aussi. Ah….vivement qu’elle revienne

  5. 4Z2A84 dit :

    L’HIRONDELLE DU FAUBOURG
    (Paroles et musique : Ferdinand-Louis Bénech, Ernest Dumont 1912)

    « A l’hôpital c’est l’heure de la visite
    Le médecin en chef passe devant les lits :
    Le numéro treize, qu’est-ce qu’elle a cette petite ?
    C’est la blessée qu’on amena cette nuit
    N’ayez pas peur, faut que je sonde vos blessures
    Deux coups de couteau… près du coeur… y’a plus d’sang !
    Non, pas perdue… à votre âge on est dure
    Seulement tout de même faut prévenir vos parents !
    Mais la mourante alors a répondu :
    Je suis toute seule depuis que maman n’est plus.

    {Refrain:}
    On m’appelle l’Hirondelle du Faubourg
    Je ne suis qu’une pauvre fille d’amour
    Née un jour de la saison printanière
    D’une petite ouvrière
    Comme les autres j’aurais peut-être bien tourné,
    Si mon père au lieu de m’abandonner
    Avait su protéger de son aile,
    L’Hirondelle

    Le docteur reprit : Vous portez une médaille
    C’est un cadeau, sans doute, de votre amant ?
    Non c’est le souvenir de l’homme, du rien qui vaille
    De l’homme sans coeur qui trompa ma maman !
    Laissez moi lire : André, Marie-Thérèse
    Mais je la reconnais cette médaille en argent
    Et cette date : Avril quatre-vingt-treize !
    Laissez-moi seul, je veux guérir cette enfant
    Vous me regardez tous avec de grands yeux
    C’est mon devoir de soigner les malheureux.

    {Refrain:}
    On l’appelle l’Hirondelle du Faubourg
    Ce n’est qu’une pauvre fille d’amour
    Née un jour de la saison printanière
    D’une petite ouvrière
    Comme les autres elle aurait bien tourné,
    Si mon père au lieu de l’abandonner
    Avait su protéger de son aile,
    L’Hirondelle

    Le numéro treize toujours quarante de fièvre
    Oui… ça ne va pas comme je l’avais espéré
    Je vois la vie s’échapper de ses lèvres
    Et rien à faire… rien… pour l’en empêcher !
    Je suis un savant, j’en ai guéri des femmes
    Mais c’est celle-là que j’aurais voulu sauver.
    La voilà qui passe… écoute retiens ton âme
    Je suis ton père ma fille bien-aimée…
    Je ne suis pas fou… je suis un malheureux
    Vous mes élèves, écoutez… je le veux.

    On l’appelait l’Hirondelle du Faubourg
    C’était une pauvre fille d’amour
    Née un jour de la saison printanière
    D’une petite ouvrière
    Comme les autres elle aurait bien tourné,
    Si lâchement au lieu de l’abandonner
    J’avais su protéger de mon aile,
    L’Hirondelle. »

  6. heliomel dit :

    la chanson date de 1912, un peu plus d’un siècle, l’hirondelle peut atteindre 90 kms en volant, les faubourgs ont laissé la place au périphérique. Les policiers en vélo et cape noire s’appelaient hirondelles à cause de la ressemblance, j’aurais plutôt dit chauve souris…

  7. 4Z2A84 dit :

    Chauve qui peut devant les hirondelles en vélo !

  8. 4Z2A84 dit :

    En 1912 on écrivait des chansons dont le texte pouvait être lu comme un poème peut-être pas génial mais écrit avec talent. Aujourd’hui le texte des chansons c’est de la m…e !
    Vieux grincheux un peu réac.

  9. 4Z2A84 dit :

    Johnny Palmer.
    Chanté par DAMIA.

    « 1. Le commandant du Cachalot
    Vient d’engager à Saint-Malo
    Vingt gars, pas davantage
    Mais ils sont tous fins matelots
    On ne connaît qu’un seul salaud
    Parmi cet équipage

    {Refrain:}
    Qui triche au jeu sitôt qu’il perd
    Qui est brutal jaloux, amer,
    C’est Johnny Palmer
    Qui parle à tort et à travers
    Plus malfaisant que cent commères
    C’est Johnny Palmer
    Ne cherchez pas qui a crevé la toile du hamac
    Ni le cochon qui a craché partout sur le tillac
    C’est celui qui, pour boire un verre
    Tuerait son père, vendrait sa mère
    C’est Johnny Palmer

    2. Un jour on vole une montre en or
    Puis v’là qu’on trouve le chat du bord
    Bouillant dans la marmite
    Deux jours plus tard un gars du port
    D’un coup d’poignard est r’trouvé mort
    On a pensé tout d’suite

    {Refrain:}
    Qui triche au jeu sitôt qu’il perd
    Qui est brutal jaloux, amer,
    C’est Johnny Palmer
    Qui parle à tort et à travers
    Plus mal faisant que cent commères
    C’est Johnny Palmer
    Ne cherchez pas qui a volé la belle montre en or
    Ni zigouillé froidement le chat du bord, l’gars du port
    C’est celui qui, pour boire un verre
    Tuerait son père, vendrait sa mère
    C’est Johnny Palmer

    3. Mais ce qu’on ne saura jamais
    C’est qu’autrefois celle qu’il aimait
    Sa femme c’était tout comme
    Partit un jour, ne revint point
    Il ne dit rien, serra les poings
    Depuis c’est un autre homme

    {Refrain:}
    Qui triche au jeu sitôt qu’il perd
    Qui est brutal jaloux, amer,
    C’est Johnny Palmer
    Qui parle à tort et à travers
    Plus mal faisant que cent commères
    C’est Johnny Palmer
    Ne cherchez pas à le guérir son cœur s’est endurci
    Laissez- le dans son coin…
    En attendant retenez ceci :
    Un soir lassé d’avoir souffert
    Qui c’est qui s’foutra dans la mer ?
    Un pauvre gars Johnny Palmer »

  10. Phoenixs dit :

    Et voilà les gars de la marine en partance pour des iles lointaines sur la baleine blanche, cousine comme chacun sait de la  » p’tite hirondelle  » célèbre comptine cruelle qui n’oublie pas l’alouette 😉

  11. 4Z2A84 dit :

    Le Fou.

    Chanté par Maryse Damien dite Damia (1889-1978)
    baptisée « La tragédienne de la chanson »

    “L’enfant qui traversait la plaine
    M’a dit bonjour à moi, le fou.
    J’ai voulu prendre son haleine
    Et j’ai mis mes mains sur son cou.
    Elle a dit d’un ton de prière :
    « Que t’ai-je donc fait pour cela ? »
    Elle dort sous la bruyère, sous la bruyère !

    Mes deux mains comme dans la pâte
    Se sont enfoncées dans son cou,
    Puis j’ai continué sans hâte
    Et ses yeux sont sortis du trou.
    Elle eut une plainte dernière
    Et sur l’herbe elle s’affala.
    Elle dort sous la bruyère, sous la bruyère !

    Par les pieds, j’ai pris le corps roide
    Et dans la mousse et les genêts
    J’ai traîné sa dépouille froide,
    En en faisant des moulinets.
    La ronce accrochait sa crinière,
    De la chair même s’y colla.
    Elle dort sous la bruyère, sous la bruyère !

    Mes ongles, ainsi qu’une bêche,
    Ont creusé le sol embaumé,
    Et j’ai remis la terre sèche
    Sur son cadavre déformé.
    La lune coulait sa lumière
    Sur ses seins blancs d’un doux éclat.
    Elle dort sous la bruyère, sous la bruyère !

    Le vent dans les pins qu’il agite
    A mugi le De Profondis.
    La pluie a versé l’eau bénite
    L’encens s’est élevé des lys.
    Les fleurs lui feront un suaire.
    Moi j’ai chanté sur tout cela.
    Elle dort sous la bruyère, sous la bruyère !”

  12. 4Z2A84 dit :

    Pour Achab, Moby Dick est-elle le diable – ou Dieu ?

  13. Elisa-R dit :

    Est-ce le squelette qui marche de Madeleine à Royale ? En fredonnant Damia …

  14. heliomel dit :

    c’est vrai que les textes des chanteurs contemporains sont indigents en anglais ou en français. La dernière chanteuse que j’aime encore s’appelle Barbara pour les dames et Nougaro pour les hommes.

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