Une tranche de miel et de cendre

Loin des fleuves du ciel coule un petit ruisseau

Charmant, tranquille et discret

On le trouve caché au milieu d’une forêt gigantesque

En marchant au hasard

En rêvant nez en l’air

Parfois même en dormant

Il conte des histoires de pendules

De passants incrédules, de sorcières cruelles

Ou d’elfes dissimulés dans les recoins de nos oublis

On raconte que le voir offre des pouvoirs magiques

Et que l’entendre métamorphose tout humain

En bel arbre mélancolique

As-tu obturé tes oreilles

De la rue montent tant de voix

Pour dire un peu n’importe quoi

Beaucoup de choses insensées

J’écoute mais je n’entends pas

Un blanc me sépare des autres

Si je me jette dans le vide

D’un étage trop haut placé

Je risque de rester coincé

Dans la page entre deux chapitres

Ou de patiner sur la tranche

Sans même un signet pour m’y pendre

Mes cris se perdent taisez-vous

Ceux qui viendront à mon secours

Auront ramoné leurs esgourdes

 

Nous échappons à notre vie pour un instant

Et nous projetons demain ou même plus loin

Peut-être hier que l’on ne reconnait pas

Les oiseaux attendent que nous soyons statues

Pour oser se poser sur nos chapeaux

Nous leur abandonnons l’écorce

Heureux de savoir que sous leurs pépiements

Nous retrouverons le costume

Poussiéreux et trop grand peut-être

Mais celui que nous portions

Lorsque l’éclair nous a conviés

À dépasser la musique et les mots

.

Tu en as plein les mains

De cette poisseuse acidulée

Tombée des nuages.

Plein les oreilles et la tripe

De l’acoustique musique sans clefs

Tes horizons effilochés ressemblent au baiser

Du galeux

Que tu emprisonnes dans ses miettes

Croyant déboucher l’espérance

Te voilà englué de poussière

Petit dieu au nombril épais

Que la vie décourage par son vide

Du tien l’écho…

 

Comme je n’avais pas d’inspiration, je vous ai trouvé quelques maximes :

 

Une maison sans livres est une âme morte (Paul Desalmand)

.

La vie s’amuse, la mort fait le ménage (Jacques Prévert)

.

Vends corbillard au point au poids mort

Boite bloquée au point mort (Pierre Dac)

.

Si je suis élu, je serai immortel

Si je suis battu, je n’en mourrai pas (André Roussin)

.

Et je me suis permis d’en ajouter quelques autres, zephitiques…

On a beau freiner à mort

Même si on n’y va pas de main morte

On  part les pieds devant

Les pelles mortes se ramassent à la benne

Souvent, c’est quand on est mort de rire qu’on perd son dentier

On hurle à la mort pour se prouver qu’on est encore vivant

Un corps mourant s’enfonce, un cormoran s’envole

Faire le mort ne trompe que les vivants

C’est quand on est mort de fatigue qu’on vit le mieux

Ont participé

Eclaircie, Elisa, Phoenixs, 4Z2A84, Heliomel

 

5 commentaires sur “Une tranche de miel et de cendre”

  1. phoenixs dit :

    Beaucoup de gris et rêve dans cet échantillon de fin d’automne, on se perd sous les feuilles mortes, peut-être croiserons-nous un lutin ? Peut-être pas.
    Les cris restent aux portes des arbres, eux-mêmes écorcés…

  2. Éclaircie dit :

    L’ouïe est sollicitée. Les sons aux pouvoirs divers s’échappent des gorges, que l’on soit animal, ruisseau ou même humain…
    Le gris de la cendre sous l’or du miel ou inversement.

  3. Elisa Romain dit :

    On ne pouvait rêver meilleur titre pour cette cascade de mots.

  4. Heliomel dit :

    Le petit ruisseau coule sur l’arbre mélancolique, les oiseaux attendent sur des statues et l’horizon s’effiloche, tout ça reflète bien l’air du temps…

  5. 4Z2A84 dit :

    Cela débute par un décor de conte de fées, puis on se retrouve prisonnier dans un livre. Suit une réflexion sur l’étrangeté qui nous entoure. En quatrième position le pessimisme et la poésie s’épousent. Enfin l’humour sur plusieurs facettes évolue comme pour nous détendre. Bref toutes les sensibilités trouvent leur « compte » dans ce récent PPV zéphien.

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