Bonjour, voici le chemin.

 

 

 

Il pleut comme un enfant s’endort

Chambre où l’on plaquait des accords

Chignon que s’arrange une belle

Sur un seuil – ça tiendra dit-elle

L’escalier s’accroche à la rampe

Il fait froid même sous la lampe

Le pain s’emplit le ventre d’eau

Flottent des fruits sur un radeau

Un échassier crève une toile

De parapluie Compte une étoile

Une seule au ciel  Le pavé

L’arroseuse l’avait lavé

Comme un ongle dans des cheveux

Le temps perdu nous rend nerveux

L’averse efface les immeubles

Au bruit des clés l’alarme beugle

 

***

C’était un néophyte aux formes géométriques

Un multicolore comme on n’en voyait plus depuis le premier voyage sur la lune.

Je sentais la jalousie monter en moi. Elle ternissait peu à peu la pureté, déjà moins franche, de mon éclat.

– Difficile de lutter contre la jeunesse, hein ? me cracha à la face mon voisin vert vipère.

J’allais répondre qu’à cent ans on est assez vieux pour le savoir sans l’aide d’un voisin, qui plus est abruti, quand je découvris sur une facette du nouveau un détail, presque impossible à déceler mais qui ne pouvait signifier qu’une chose : il avait au moins mille ans !

***
Lehcim Nohcuaf aimait sa spirale

Il l’entretenait en buvant une bouteille de Ballantine’s

Accompagnée de deux lignes de coke, quotidiennement.

Ainsi chargé, il voyait sa spirale faire la roue

 

Eblouissante comme un soleil de janvier

Elle tournoyait, langue  de feu flamboyante

Alors, il sentait la sueur couler sur son dos

À moins que ce ne soit du sang vermeil

 

Il détournait le lit d’un fleuve, se faisait enterrer vivant

Pour  mieux renaître d’un simple tremblement

Au contact de la spirale, ses mains cuivrées chassaient la terre

Elles retrouvaient la source, il était heureux

 

***

Pourquoi se méfier des folles allures ?

Elles traversent les impasses sans se retourner

A peine effleurent-elles les vitrines léchées

Tant de langues pour si peu de mots…

Elles, sans s’arrêter, passent d’un ciel à l’autre

S’empaillettent, s’ébrouent

Légères les poudres tombent sur les étoiles mortes

Et voilà que la rigidité oublie ses crasses

Pour devenir une allure folle

 

Tout ZEPHE est là, Eclaircie comprise.

5 commentaires sur “Bonjour, voici le chemin.”

  1. Phoenixs dit :

    Voilà, vous prenez deux ailes, trois pattes, un verre, deux soupirs, un regard détourné, une reine des compotes, vous mélangez, laissez passer l’instant.
    Souriez, vous êtes dans un autre univers…

  2. heliomel dit :

    N’oubliez pas de frapper avant d’entrer, amenez votre bougie, éteignez votre portable, essuyez vos pieds car la concierge est dans l’escalier et vous voici dans cet univers oú les rocades tournent à votre place.

  3. Elisa-R dit :

    On se laisse surprendre par le souffle de l’enfant qui dort et, sans se rendre compte de quoi que ce soit, on détourne le lit d’un fleuve ou on prononce le nom des étoiles mortes…On compte aussi sur un sourire ou sur quatre doigts et puis les lumières se rallument…Alors on recommence.

  4. Éclaircie dit :

    Je n’ai fait qu’ouvrir la porte, c’est vous 4 qui avez planté le décor et animé des personnages à l’âge incertain, à l’allure de spirale sans doute folle, sous une pluie d’abord douce puis moins clémente.
    Un bel automne le long de ce chemin.

  5. 4Z2A84 dit :

    Pas assez de langues pour trop de mots ?
    L’escalier s’accroche à la rampe
    quand le voisin vert bouteille
    voit sa spirale faire la roue
    détourne le lit d’un fleuve
    et se laisse enterrer vivant…
    Bientôt nous aurons plus de mille ans
    et une folle allure !
    .
    Bonheur à tous.

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