Un poème de Pierre Emmanuel

 

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Extrait de « Le Poète Fou » de Pierre Emmanuel

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« Tant de jours dévoués à répéter ta mort

Tant d’immobilité sublime à ta fenêtre

Tant de siècles de souvenir entre ces murs

Tant de musique entre tes pas dans l’âme étroite

O voyageur de l’une à l’autre des cloisons !

Sept pas sont suffisants pour franchir la distance

Où du naître au mourir tout l’homme s’accomplit :

Tu meurs le front contre la vitre, un paysage

De tristesse éternelle en ton regard lavé

Les saisons à tes yeux sont opaques et passent

Loin, à travers tes doigts qui ne les sentent pas.

O crains de t’éveiller ! Parle bas dans tes larmes !

Car un autre univers, plein de futur et d’arbres

Lorsque tu seras mort s’écoute naître en toi. »

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Pierre Emmanuel « Le Poète Fou : XIII» (1944).

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4 replies on “Un poème de Pierre Emmanuel”

  1. 4Z2A84 dit :

    A propos de « Le Poète Fou » :
    « A la mémoire éternelle
    d’un très beau martyr
    du langage
    Friedrich Hölderlin »
    Pierre Emmanuel.
    .
    Pierre Emmanuel 1916-1984
    Hölderlin 1770-1843
    .

  2. Elisa-R dit :

    Lire un poème comme celui-ci de bon matin donne à la journée une fantastique luminosité.

    Merci 4Z .

  3. 4Z2A84 dit :

    « Ecrire c’est découvrir » écrit Yves Bonnefoy. On pourrait substituer « lire » à « écrire » ou conserver les deux verbes. Soit : Ecrire et (ou ?) lire c’est découvrir. Si lors d’une de ces innombrables découvertes le soleil (le soleil « intérieur » quand l’autre manque) s’affirme et nous rassure, alors oui, la journée triomphera des ombres.

  4. Éclaircie dit :

    Je lis la foi, l’idée de l’immensité et la quiétude d’un au-delà, la résignation, la souffrance. Le chiffre 7 n’est sûrement pas là par hasard. Très belle composition, même si l’on adhère pas au fond.

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