Les yeux grands ouverts

Préambule

Au mois d’août, par une nuit jaune de pleine lune et seulement si le cratère de Séleucus est visible au bord du Propontide, munissez-vous d’un mortier de marbre de Carrare, puis avec un pilon d’électrum, broyez quelques graines mures de cornouiller, incorporez  cinq feuilles  de mélisse fraichement coupées. Quand la senteur de citron est nettement perceptible, filtrez plusieurs fois, laissez reposer une heure, Vous obtenez un Zephe qui fleurira tous les vendredis de chaque saison.

ʚʚʚʚʚʚ

 

On ramasse ses chaussures laissées sous le tilleul

Quelque part entre deux ports d’attache

Les voiles levaient au parfum des feuilles

Tout début de quelque chose

Nous, après ce  » on  » indéterminé, prend soudain

La pause des restes vivants

L’ombre bienvenue de l’arbre le frisson des fruits

Tisane lointaine

La silhouette d’un Proust devenu Woolf

Toujours et encore leur encre dans le sillon

Asséché

Et l’on retourne clopinant sur les mêmes routes

A mémoire écorchée…

.

Le voyage un peu long se poursuit immobile.

Des montagnes rongées gémissent en silence, les entrailles offertes au regard de l’été.

De hautes silhouettes semblent lever les bras pour recoiffer les cimes qui leur servent de têtes, le long de routes droites qui toutes se ressemblent

La mer, bien qu’éloignée, se joint à sa famille, vêtue d’une robe bleue, légère et transparente.

Le lac nous sourit, une dernière fois, tandis que nous partons rejoindre ce bout de terre odorant et fier qui garde nos racines.

Le petit carnet de route, tantôt rouge, tantôt noir, se referme et se range dans le tiroir du rêve.

 

Les mains effleurent le vent

En souvenir des ailes

Que nous n’aurons jamais

Le corps parfois frissonne

Des écailles oubliées

Au fond d’un trop vieux rêve

Les lèvres alors dessinent

Des sons offerts au vide

Que d’autres happeront

Dans leur désert stérile

On attend de franchir

L’étoile la plus belle

Ou de dormir soudain

Les yeux enfin ouverts

.

Et ce bruit de casserole

Qui fume du papier peint

C’est la grille qui se ferme

Quand le métro s’éteint

 

Ne plus entendre

La lancinante relance

L’exigence quotidienne

D’une lassante existence

 

Les quémandeurs d’herbe fraiche

Se heurtent aux barrières

Fixent les sommets

Mais descendent aux enfers

.

Le mur renvoie le cœur

Comme il renvoie la balle

Au joueur maladroit

Qui s’éloigne trop tôt

Pour ne pas ressembler dans l’ombre à son manteau

Le corps change de pièce

L’appartement se vide

Dieu passe incognito

On Le reconnaîtrait s’Il durait à Ses rides

L’escalier n’est pas sûr

Il y manque une marche

Le pied s’enfonce dans le vide

On se retrouve avec les bons vins à la cave

Mais à leur tour disparaissent cave et tonneaux

De tout ne reste qu’un zéro

Suivi d’autres zéros jusqu’au bout du tunnel.

ʚʚʚʚʚʚ

Avec:

4Zeste Ailisa, Eclair Si, Fait d’hiver, Aile au miel

Tous prêts pour les sorties de la rentrée.

(mais qu’est-ce que j’ai bu?)

16 replies on “Les yeux grands ouverts”

  1. Elisa-R dit :

    Je garde la recette, le résultat en vaut le risque…

    Signé : Ailisa

  2. Éclaircie dit :

    Tu auras bu la potion à mettre dans le chaudron pour fleurir les saisons.
    Étrange voyage, depuis son port d’attache, passant par le tiroir du rêve, le désert, les couloirs du métro ou de l’enfer et ce tunnel.
    Mais tout n’est pas zéro, nos avons les yeux ouverts sur l’ombre des poètes laissant une écharpe de couleur offerte à la pleine lune. (Si Dieu existe, il doit nous aimer)

  3. 4Z2A84 dit :

    Le Zephe et le PPV affectionnent les vendredis.
    Orlando change de sexe et d’époque.
    Immobile le voyage nous dirige vers un lac au sourire éphémère.
    Les rêves vieillissent comme la nuit dans Ulalume.
    Quémandeurs d’herbe, descendez sous terre
    ou à la cave où le mur renvoie le cœur !
    .
    Des étoiles, des étoiles, nous ne manquons pas d’étoiles dans nos poèmes à plusieurs voix, à plusieurs mains, à plusieurs soleils fertilisants.

  4. phoenixs dit :

    Garder ses voyages dans les plis de la  » robe bleue  » au loin que toutes les mains défroissent au gré de leurs doigts fleuris…
    J’ignore dans quelle vapeur Héliomel m’a glissée

  5. Heliomel dit :

    ZEPHE:

    4Z, Eclaircie, Phoenix, Heliomel, Elisa, le quintet qui déchire! 🙂

  6. Éclaircie dit :

    Ha! ha! « Zephe », je le retiens, ce terme me plaît !

  7. phoenixs dit :

    Joli bouquet pour l’automne à venir…

  8. Elisa-R dit :

    J’ai déjà l’eau pour le vase…

    Zephe, c’est joli, si nous publions un jour nos PPF du vendredi, nous savons quel titre donner au recueil…

    – 4Z, ralentis un peu, je vais me prendre les pieds dans la queue du Zephe !

  9. phoenixs dit :

    Je viens de comprendre l’acronyme °°-)

  10. 4Z2A84 dit :

    Une définition de l’acronyme : « mot formé de suite de lettres de mots différents ».
    Autre définition du même :  » sigle prononcé comme un mot ordinaire – exemple : « ovni ».
    Petit Robert
    deviendra grand
    si les curieux lui prêtent vie.

  11. phoenixs dit :

    Et surtout qu’il ne s’enfuit pas avec la rousse du coin 😉

  12. 4Z2A84 dit :

    S’ils s’aiment et sèment à tout vent qu’importe !

  13. Heliomel dit :

    et surtout s’ils essaiment.

  14. Elisa-R dit :

    Du moment qu’ils ne nous sèment pas !

  15. phoenixs dit :

    Pourtant, tout le monde sait pourtant que la rousse est feuille au vent

  16. Elisa-R dit :

    Avec tout ça, l’automne arrive et nous confondrons bientôt feuilles et chevelure…Pauvre petit livre !

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