Ecrire, inventer…

 

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ECRIRE, INVENTER.

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Bain de mer,

 

Ils vont, hippocampes sous les nuées,

Suspendus au temps dont ils se moquent

Rires de falaises.

Il n’est rien à revenir de cet instant joué

Depuis toujours

Et pour longtemps encore sur le sable.

Nous demeurons assis, nous, les témoins de la scène

Les pieds au ciel qui nous emporte de les ramener sur terre

A regarder la vie mordre le vent….

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L’arbre qui meurt de soif abrite une fontaine

Qu’il destine à sauver le monde du chaos

Car l’eau apaisera les consciences troublées

Par des larmes tombées des cieux en plein été

Quand les soleils fruités sont au mieux de leur forme.

Le lierre étreint le vide et grimpe vers l’azur

Contre lequel nos fronts ou nos casques se heurtent.

La plage se résume en un château de sable

On y vient à cheval franchir le pont-levis

Pénétrer dans la cour et de là obtenir

Des dames du donjon les clefs de nos délires.

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Les chouettes en grande conversation

Evoquent le passé et la mer

Qui leur caressait les pattes avant qu’un pont de nuages

N’invite les arbres à franchir cet espace

Uniformément bleu et dont les vaguelettes

Renforçaient l’orgueil du soleil lui renvoyant un infini de reflets

Les yeux des volatiles aveuglés par tant d’effronterie

Depuis se referment le jour et seule la clarté de la lune

Sait jouer de l’éclat de leurs pupilles à travers les feuilles et les ramures

Dans ces forêts dont elle seule connaît l’âme et le chant.

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Les plumes à tête de pie volent autour de moi sans déroger à la règle.
Vous les croyez ennemies mais elles sont justes de poids.
La mécanique hydrocéphale me noie de remarques absurdes
Et ma voix se perd dans le labyrinthe acoustique des machines.
Pas de son, pas de sens, pour vous du moins.
Les références sont parfois plus souples à autrui qu’à soi.
Mais je ne vous en veux pas. C’est un jour à dire « j’aime ».
A tout à toi, à n’importe quoi.
Je vous entends déjà souffler et mugir dans vos précis de politesse
Et de poésies grammaticales.
Je vous murmure alors les mots qu’il faut pour vous défendre :
ce n’est pas vous, c’est moi.

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Michel

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J’aime   l’ombre

Dit le   camembert

J’ai   besoin d’air

Répondit    le concombre

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J’apprécie   la fraicheur

Du lait   versé des seaux

Moi, je   prise la chaleur

Et le   chant des oiseaux

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Sur un   plateau, on me sert

Précieux   comme un diamant

Moi je   suis nécessaire

On   glousse en m’entamant

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Cet   opulent légume

Dit le   fromage  déconfit

A   certes du volume

Mais   bien peu d’esprit

 

Par un   soir de disette

Se   sont  retrouvés

Dans   une belle assiette

Ceux   qui se croyaient couvés

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Moralité :

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Quand   on monte à l’échafaud

Crémeux   ou indolent

On y   laisse  sa  peau

Que   l’on soit vert ou blanc

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PPV du 16 août 2013.

Interprètes :

Eclaircie ;

Elisa R. ;

Héliomel ;

Phoénixs Béa ;

4Z2A84.

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9 réponses sur “Ecrire, inventer…”

  1. 4Z2A84 dit :

    L’imagination de chacun s’en donne à cœur joie dans cette suite de poèmes dont la lecture provoque une sorte d’euphorie. A déconseiller à celles ou ceux que le vertige causé par trop d’images et de sensations nouvelles n’épargne pas.
    On peut lire à l’ombre comme au soleil.
    On peut lire sous le rayon de la lune quand elle ne boude pas.
    On peut lire les yeux fermés.

  2. Éclaircie dit :

    L’équipe se retrouve au grand complet, et qu’il soit parti, revenu, resté, le poète nous entraîne toujours au delà de la réalité, espace privilégié pour se croiser en dehors de toute contrainte autre que celle de se faire plaisir en poésie.

    Les chouettes à l’ombre des falaises rieuses se cachent dans le lierre, échangeant des « je t’aime » entre le concombre et le fromage.

  3. 4Z2A84 dit :

    La poésie est le continent que l’on n’aura jamais fini d’explorer.

  4. phoenixs dit :

    En voilà une conversation sous les  » plumes de pie  » !
    Encore un peu d’écume pour l’esprit vague à bond…

  5. 4Z2A84 dit :

    « L’écume des pages » est le nom d’une librairie située boulevard Saint-Germain à Paris. Un titre reverdyen.

  6. Heliomel dit :

    Le château de sable s’effrite sous le rire des falaises, seule la clarté de la lune sait que c’est un jour à dire j’aime.

  7. Elisa-R dit :

    Un ravissement !

    Merci à 4Z pour le délai sans supplément.

  8. Josy dit :

    je ne sais pas trop parler
    mais je vous lis toujours avec le plus grand des plaisirs…

    les mots vous en faites de petites merveilles..

  9. Éclaircie dit :

    Et c’est toujours un plaisir, Josy, de te savoir proche, avec ou sans ..discours.

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