Sur son nez la lune gourmande,

 

 

 

 

Sur son nez tante Ursule a posé ses lunettes…

Mais qui frappe à la porte à grands coups d’aubergine ?

Non ce n’est pas Bébert le fils du charcutier,

Ce bellâtre privé de tout sauf de sonnettes.

Sous la peau d’un serpent le conteur l’imagine

Et de sucre en morceaux le poursuit sans pitié.

Pendues au clou ses clés tournent toutes les têtes,

Mais Ursule, échappant par miracle à l’angine

Blanche, se réfugie sous un abricotier

Qui donne des barbues au parfum entêtant…

Ah mourir de bonheur au bord d’un morne étang !

 

**

La lune gourmande termine sa barbe à papa

Quelques filaments sucrés lui collent encore

Au nez aux contours de la bouche et sur les joues

Le tilleul l’attire à lui protecteur et paternel

De ses branches feuillues il caresse la peau laiteuse

Lui rendant tout son éclat enfantin

Les rires pourront fuser au bord de la nuit

Même au bord du toit dont elle n’est pas tombée

Posée délicatement dans la dernière flaque d’eau

Du petit matin frissonnant elle se repose un instant

Avant de reprendre sa course avec les enfants

**

Nous entendrons souvent les ombres sous les saules

Raconter au silence les moments retenus

Dans le filet de ce que nous fûmes

Mais nous n’avons ni le temps,

Ni la grâce de nous en faire l’écho

Tout juste bons à rester bouche bée

Un sanglot dans le mouchoir

Qui ne retient plus personne…

 

 

Trois échappés de l’été lointain se retrouvent cette semaine, une pensée pour les vacanciers qui se reconnaîtront 😉

Merci à 4Z et Eclaircie pour le titre

4 réponses sur “Sur son nez la lune gourmande,”

  1. Phoenixs dit :

    Assez contente d’être parvenue à publier ces productions d’abeilles qui butinent des fleurs différentes mais produisent un miel sans artifices…

  2. Éclaircie dit :

    Merci Phoenixs et bravo !
    Tante Ursule a le goût du paradoxe et un entourage surprenant : la lune gourmande, les ombres bavardes, rires et sanglots qui se confondent et bien sûr Bébert ou son absence.

    Bon séjour les vacanciers !

  3. 4Z2A84 dit :

    Quand les ombres parlent au silence l’oreille de tante Ursule s’allonge. Mais la lune choisit une flaque entre mille.
    En vacances les poètes oublieraient-ils de donner des pommes ?

  4. Elisa-R dit :

    De la nuit, de la lune, des ombres et tante Ursule : un régal !

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