Les semelles ne craignent pas le vertige

Les gouttes d’eau auraient voulu

Rester dans leur nid douillet

Pelotonnées les unes contre les autres

Même souffrant le chaud le froid

Elles ne craignent jamais le vertige

Se parent de toute la palette des gris

Parfois osent le doré les roses et les violines

Mais le vent est venu les chahuter les bousculer

C’est avec grand bruit et force lumière

Qu’elles ont fait le grand saut

Lorsqu’elles ont atteint les pierres chaudes

Le soleil leur a offert le plus bel arc-en-ciel

Et la terre a creusé le sillon leur ouvrant le chemin

Qui conduit à leur premier berceau : l’océan

.

 

La dinde multipliée par l’accordéon

Serait égale au lampadaire

Si on ne divisait pas leur adéquation

Par le pot de moutarde

Duquel on soustraira les molaires

Sans oublier l’impôt sur le revenu

Au total ajoutez le regard

Fixe du hibou sur la laitue

Dont on compte de gauche à droite les pages

Comme on calcule le poids du vent

En se fiant à la parole des plateaux

Des menteurs de fils en paire.

 

.

 

Il est temps de revenir voyageur

Tes valises t’attendent sur le quai des hirondelles

Nous ignorons ce qu’elles contiennent de ciel

Mais nous te rappelons qu’elles doivent être surveillées

Un nom à poser sur le flanc usé

Une adresse sur leurs souliers crottés

Et te voilà en règle malgré tous les désordres qu’occasionnent

Les départs

Lorsque tu reviendras poser tes semelles par ici

Tes connaissances attendront près du bar

A mots couverts comme si le retour risquait de les enrhumer

Mais sache qu’un mouchoir de voyelles leur permettra d’y déposer

Tous nos bonjours…

.

Bien sûr que la lune est une étoile, c’est même ma bonne étoile, au fil du temps  elle a perdu ses branches comme on perd ses crocs, c’est tout. Désormais ma chauve  désappointée voit passer les comètes au clair des cressonnières, lisse ses plumes  et s’endort sur du miel.

Pendant ce temps-là,  les montagnes, sans doute pour la consoler, surgissent de la mer, avec un peu d’écume aux lèvres, juste pour être présentables.
J’aime  particulièrement  la rousse à la fraise de schiste et aussi celle qui a une dent de travers sur un tablier vert à pois blancs.
Certaines sucent leurs glaces pour en faire des torrents. Il y a aussi celles qui installent  leurs rochers sur l’horizon, histoire de les voir bleuir. Joyeux, les bois giboyeux courent sur le dos des mémés rondes, les clairières rieuses jouent à arbre perché ou grimpent sur les genoux des  filles.
La reine à la tête blanche s’habille chez  les nuages, elle abandonne parfois des écharpes trop roses ou des mousselines trouées à ses sujettes envieuses.
C’est l’été, la saison des vacances, des fleurs falaises embarquent sur des dolmens, et les lichens rament en grinçant des dents car ils sont à la plaine.

Et toujours ce vent qui joue de la musique de chambre à air.

 

Ont participé, si je ne me trompe, car des rouleaux de Pacifique me font croire qu’il est 22 heures…

Eclaircie

Phoenixs

4Z2A84

et votre serviteur

j’espère que je n’ai pas perdu le texte d’Elisa, si c’est le cas, qu’elle veuille bien me pardonner!

Amitiés à tous

 

 

 

8 réponses sur “Les semelles ne craignent pas le vertige”

  1. Éclaircie dit :

    Certes ! les semelles ne craignent pas le vertige, mais c’est compter sans le poids du vent agitant le mouchoir de voyelles qui se déposent comme écume sur les montagnes.

    Élisa ? Es-tu au pied de l’arc-en-ciel, dans le pot de moutarde, sur le quai des hirondelles ou derrière le dolmen orné de fleurs falaises ?

  2. Elisa Romain dit :

    Comment pourrais-je t’en vouloir ? C’était un poème à souffle court qui aurait freiné maladroitement le bel élan poétique de ces « semelles(qui) ne craignent pas le vertige »

    Eclaircie, je suis près du menhir (pas de dolmen ici), j’arrive !

  3. Elisa Romain dit :

    Ceci dit, j’aime bien les « fleurs falaises »…

  4. Éclaircie dit :

    Oh! le décalage horaire aura troublé Héliomel, (déjà assez étourdi au naturel, ce me semble….mais on l’aime ainsi)
    je suis sûre qu’il va trouver entre deux rafales de vent à te rapprocher de nous ! Ou entre 22 heures et 28 heures !

  5. Heliomel dit :

    Étourdi, peut-être, mais vous avez vu la dextérité pour modifier? Merci Elisa, ravi de vous retrouver.

  6. phoenixs dit :

    Il était normal que la discrète Elisa ait été masquée par son mouchoir entre les gouttes frileuses et le vent qui se roule des volutes…

  7. 4Z2A84 dit :

    L’humour est au rendez-vous dans ces textes qui font reculer la réalité commune. Notre quotidien s’en trouve ébloui comme de soleils (tempérés) à minuit.
    Que la lune soit une étoile édentée, le lampadaire égal à la dinde,
    les gouttes d’eau pelotonnées les unes contre les autres, les mouchoirs détenteurs de voyelles, nous n’en doutons pas une seconde !

  8. Éclaircie dit :

    Euh….ai-je la berlue ? Je ne vois pas la différence, Héliomel.

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