DEUX POEMES DE PHILIPPE SOUPAULT

DEUX POEMES DE PHILIPPE SOUPAULT

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«  Médaille de sauvetage

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Mon nez est long comme un couteau
et mes yeux sont rouges de rire
La nuit je recueille le lait et la lune
et je cours sans me retourner
Si les arbres ont peur derrière moi
Je m’en moque
Comme l’indifférence est belle à minuit

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Où vont ces gens
orgueil des cités
musiciens de village
la foule danse à toute vitesse
et je ne suis que ce passant anonyme
ou quelqu’un d’autre dont j’ai oublié le nom »

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 «  Articles de sport

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Courageux comme un timbre-poste
il allait son chemin
en tapant doucement dans ses mains
pour compter ses pas
son cœur rouge comme un sanglier
frappait frappait
comme un papillon rosé et vert
De temps en temps
il plantait un petit drapeau de satin
Quand il eut beaucoup marché
il s’assit pour se reposer
et s’endormit
Mais depuis ce jour il y a beaucoup de nuages dans le ciel
beaucoup d’oiseaux dans les arbres
et beaucoup de sel dans la mer
Il y a encore beaucoup d’autres choses. »

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PHILIPPE SOUPAULT

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2 réponses sur “DEUX POEMES DE PHILIPPE SOUPAULT”

  1. 4Z2A84 dit :

    « Philippe Soupault, né à Chaville le 2 août 1897 et mort à Paris le 12 mars 1990, à l’âge de 93 ans, est un poète français, cofondateur du surréalisme. Il est inhumé au cimetière de Montmartre. » Wikipédia

  2. Éclaircie dit :

    Le nom de Philippe Soupault m’évoque des souvenirs d’enfant, lorsque la radio était notre lien avec la culture. Je n’ai pas retrouvé le souvenir exact : une émission qu’il aurait produite ou une de ses pièces mise en scène radio-phoniquement.
    Ces souvenirs sont flous mais ce nom m’a toujours fascinée.
    Merci de nous le donner à lire dans ces poèmes surréalistes.

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