Un autre poème d’Yvan Goll

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Un autre poème d’Yvan Goll.

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« Jean Sans Terre est cet homme qui enleva ses chaussures

En descendant à terre pour mieux la sentir

Son sable féminin et son roc coléreux

Et l’essence des différentes argiles

Jean Sans Terre est cet homme que tu as rencontré

Au marché aux poissons

Marchandant deux sous sur un kilo d’aurore

Portant la truite comme un bouquet de rose

Tâtant le bœuf ou la poire près de la queue.

La carpe à son silence

Palpant la matière des choses terrestres

Et  jaugeant la matière des nuages

L’homme archi-vieux : tous les jeux de mots

Toutes les mains qu’il a serrées sont des feuilles mortes

Toutes les filles ont gardé sa caresse dans le cou

Comme un coup de vent parfumé aux amandes

Sa tête a porté le matin le panier d’osier avec l’oseille

Et le soir la tiare des sept sagesses

Ses boucles furent plus fauves que celles de David

Et pourtant son crâne poli roulera à l’ossuaire »

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Yvan Goll – «  Jean sans Terre »

 

 

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3 réponses sur “Un autre poème d’Yvan Goll”

  1. 4Z2A84 dit :

    Yvan Goll : 1891-1950
    « Fils d’un représentant en tissus décédé quand il avait six ans, Yvan Goll quitte les Vosges pour Metz, ville allemande à l’époque, et sa mère le fait naturaliser pour favoriser son cursus scolaire. Il poursuit des études de droit aux universités de Strasbourg, Fribourg-en-Brisgau et Munich. En 1913, à Berlin, il participe au mouvement expressionniste. Dans un tract lyrique, Le Canal de Panama, le poète décrit la lutte des éléments contre l’homme et le percement héroïque du canal.
    De 1914 à 1919, il vit en Suisse et milite par ses écrits au sein du groupe pacifiste rassemblé autour de Romain Rolland et Henri Guilbeaux. Il y rencontre Claire Studer née Aischmann, journaliste et femme de lettres allemande, divorcée de l’éditeur Heinrich Studer, et qui deviendra son épouse. À Zurich, il fréquente Arp, Tzara et Picabia. Il publie notamment un vaste poème, Le Requiem pour les morts de 1916.
    Installé à Paris en 1919, le couple se lie avec des écrivains et des artistes, Malraux, Léger, Cendrars, Chagall, Delaunay Claire Goldschmidt/Malraux… En 1920, Marcel Mihalovici écrit une musique pour Mélusine, opéra en 4 actes d’Yvan Goll ; la version allemande, datée de 1924, sera ultérieurement remise en musique par Aribert Reimann et représentée à partir de 1971.
    Yvan publie des anthologies de poètes allemands et français et vit de ses traductions. En 1924, il crée la revue Surréalisme et se brouille avec André Breton et ses amis. Ses recueils de poèmes, ses romans, ses essais paraissent en France et en Allemagne. Parmi ses œuvres théâtrales marquées encore par l’expressionnisme, Mathusalem ou l’Éternel Bourgeois est la plus connue. Dans ses chansons de Jean sans Terre, il exprime sa solitude d’homme, de juif errant ballotté entre deux cultures.
    De 1939 à 1947, le couple s’exile aux États-Unis pour échapper aux persécutions nazies, vivant de journalisme et de littérature. Yvan Goll publie à partir de 1943, dans sa revue Hémisphères et dans les éditions du même nom, des œuvres de Saint-John Perse, Césaire, Breton, Bosquet, Miller, Seligmann … et de jeunes poètes américains.
    La leucémie dont il est atteint à partir de 1944, l’exil loin de la France, l’explosion de la bombe atomique lui inspirent une œuvre poétique au riche langage dans laquelle les forces chthoniennes, l’alchimie, la cabale, la désintégration de la matière tiennent une grande place. À son retour de France, il publie ses recueils de poèmes, définit sa conception artistique, le Réisme, et meurt le 27 février 1950 laissant un testament poétique Traumkraut (l’Herbe du Songe) qui sera édité par Claire Goll, de même que nombre de poèmes inédits.
    Claire Goll, décédée en 1977, a légué à la ville de Saint-Dié-des-Vosges leurs manuscrits français, leur bibliothèque, leurs œuvres d’art et leur mobilier. L’ensemble — dont une reconstitution de son appartement parisien — y est désormais exposé au Musée Pierre-Noël.
    Une fondation Yvan et Claire Goll, créée sous l’égide de la Fondation de France en 1991, entretient la tombe des deux écrivains au Père Lachaise (en face de celle de Chopin) et délivre un Prix International de Poésie Francophone Yvan Goll en association avec l’Alliance francophone.
    Sur leur tombe, on peut lire l’épitaphe suivante, extraite de Jean sans Terre :
    « Je n’aurai pas duré plus que l’écume
    Aux lèvres de la vague sur le sable
    Né sous aucune étoile un soir sans lune
    Mon nom ne fut qu’un sanglot périssable »
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    WIKIPEDIA

  2. Éclaircie dit :

    Présenter une biographie de l’auteur est une riche idée, merci .

  3. 4Z2A84 dit :

    L’épouse d’Yvan, Claire Goll, écrivit aussi de beaux poèmes.

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