Question de temps

 

Comme quoi le temps nous inspire tous…

 

Un petit goût de brûlé un peu désagréable sur la langue

D’ abord

Puis la sensation de revenir à la vie l’enveloppe

Les spectateurs transis quittent le monde connu

Dès les premières notes

La pluie froide de novembre se retranche dans l’ombre

Les nuages évoquent la relativité transitoire

D’une pendule dépourvue d’ailes

Tandis qu’un ange modèle une nouvelle terre

Composée de sons et de lumières

Du haut du ciel dans leur navette grise

Deux hommes contemplent un immense champ de fleurs

.

 

Une année bisexuelle, c’est une année

Qui aime tantôt le soleil, tantôt la lune

Alors pourquoi les terroristes font-ils

Des taches de sang sur le bleu de la terre

 

Au marnage des sens, la mariée se retire

Laissant des ancres et des nacres

Scintiller sur le sable blond de ses cheveux

Dénoués, défaits, épars, libres

 

L’avenir est resté sur le pas de la porte

Le passé s’est enfui par la fenêtre

D’où viennent ces pas sur la neige

Sans doute le présent qui danse…

.

-C’est décidé, je décampe au prochain passage de nuages

-Pour aller ?

– A l’Est

– Sur le territoire des cigognes ?

-Exactement !

– Je peux te dire qu’elles n’apprécieront pas ton arrivée dans leur cheminée

– M’en fiche, c’est moi qui fais le printemps et…

– …Rien du tout prétentieuse, tu ne fais plus rien du tout, on se demande même dans la volière à quoi tu sers, à part la ramener toutes les saisons :  « c’est moi que, c’est moi qui… »

– Jalouses, voilà ce que vous êtes les perruches et les pies, vous crevez de rage de me voir citée dans les  mangeoires : « qui vole une…vole un, une ne fait pas…gentille… »

– Tu te prends pour une alouette maintenant ?

– Je suis ce que je veux, moi !

– Eh bien, vu le temps pourri qui ronge nos guenilles je te verrais plutôt en peau de grenouille, et encore, une sacrée grenouille de flaques d’os…

.

 

Il fait un temps si délicieusement exquis

Que nous resterons à la maison

Nous nous lècherons les babines en nous regardant

Dans les yeux

Car nous en possédons quatre

Ce qui n’est pas donné à chacun

Nous nous ferons des pieds de nez

Pour meubler la soirée

Nous ne lirons surtout pas

Car nous avons de bons livres

.

 

À la météo:  les grenouilles:Elisa, Phoenixs,

et les pantouflards: 4za84, heliomel

9 commentaires sur “Question de temps”

  1. phoenixs dit :

    Je trouve que les pantouflards et les grenouilles font bon méninge…

  2. Elisa-R dit :

    Oui, Phoenixs, je trouve aussi.
    Ne manquerait-il pas une grenouille ? Peut-être est-elle à la recherche du soleil…

  3. heliomel dit :

    Un chiffon rouge pour l’attention, une échelle pour l’évasion, une pipe et un fauteuil pour le confort, des ingrédients efficaces!

  4. phoenixs dit :

    Ce doit-être, pour l’instant, une grenouille à la recherche de l’essence…ciel 😉

  5. heliomel dit :

    l’essentiel, ce sont aussi les fleurs que leur offrent leurs tétards . Bonne fête à ma mère qui aura 100 ans le 22 juin!

  6. 4Z2A84 dit :

    QUESTION : Pourquoi perruches et pies jalousent-elles les livres que l’on ne lit pas ?
    REPONSE : Parce qu’une pendule dépourvue d’ailes a laissé l’avenir sur le pas de la porte.

  7. heliomel dit :

    qu’importent les ailes pourvu que les aiguilles cousent!

  8. Elisa-R dit :

    On dit que les aiguilles sauvages ont des ailes magnifiques…mais je ne sais pas si elles jalousent les livres qu’on ne lit pas.

  9. Éclaircie dit :

    Bien inspirés, en effet, j’en suis restée coite, sous la « pendule sans aile », à me « lécher les babines » en attendant que « le printemps » soit crée, espérant bien que l’avenir franchisse la porte.

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