Voix plurielles


Au loin une jeune âme rêvait

Petit tas fumant aussi étrange que ridicule

Qui croyait survivre en son monde sans écran LCD

Il veillait ainsi depuis sa chute d’un corps

Sur les os inutiles des voyageurs assis

Perclus d’espérances et de cécité onirique

Facile !

C’est ainsi que l’oracle méconnu

Jugeait les opinions télévisuelles de ses contemporains

Peu avant de saisir une théière obèse

Lui-même cependant en un sursaut de conscience

Regretta soudainement de ne pas aimer le thé

Et déposa l’objet inutile sur une belle étagère

Celle des chimères et billevesées

 .

Si l’oracle dit vrai le printemps reviendra

Comme autrefois avec un soleil aussi beau

Qu’un œuf au plat sur le ciel en ébullition

Lors nous aurons trop chaud même sous un seul drap

Même éventés par le domestique un robot

La seule créature à subir les rayons

D’un astre en combustion sans appeler sa mère

Au secours  Quant à nous perdant toute espérance

Dont celle d’un blizzard rafraîchissant la France

Nous nous réfugierons auprès de nos chimères

En oubliant qu’elles aussi crachent le feu

 

Chimère, hic…

Il aurait bien aimé qu’on la lui rendît cette compagne en plume d’espérance.

Las, vautours et harpies à force de griffures et de regards mauvais l’avaient dépouillée de ses derniers espoirs

Elle gisait à présent devant lui

Nue

Yeux clos et mains retournées

Peau sans fleuves bleus

Sans lunes incertaines où voler un oracle.

Il l’avait appelée « Sans Nom » pour conjurer le sort

Ils l’avaient épelée sans fin pour la vider de sens

Afin que meure parmi les morts la dernière insolence

D’un vivant égaré.

 

Dire que Chimère est belle ne suffit pas

Elle porte ses yeux gris comme des sources d’eau fraiche

Leurs couleurs ne sont troublées que par les nuages

Qui se hasardent au-dessus des collines.

 

Sans avoir la même beauté

Oracle ne manque pas de charme

Surtout quand il prédit une longue espérance de vie pour Chimère

D’autant plus longue, qu’il aimerait la partager

 

Mais pour une fois, il s’est trompé, la vie de Chimère sera courte.

Les dieux ne parlent plus, ou si peu.

Ils existent, mais comment les féliciter ?

Les terroristes font des taches de sang sur le bleu de la terre

 

Trop de bulles d’emphysème, elle ne respire plus

Oracle a tout juste le temps de lui dire qu’il l’aime

Qu’après tout Delphes n’est qu’un temple

Déjà sa Chimère n’est plus qu’un fantasme

 

 

Les nuages chagrins dessinent des chimères

Dont le soleil renvoie les ombres sur le mur

La maison frissonne sous ses tuiles luisantes

Et recherche dans l’âtre un signe d’espérance

Les oiseaux à la cime encore nue du grand arbre

Chantent à s’époumoner pour appeler le vent

Qui porte dans sa cape le secret de l’oracle

Adressé par la lune aux cueilleurs de printemps

 

Elisa, Héliomel, Phoenixs, 4Z2A84, éclaircie

 

7 réponses sur “Voix plurielles”

  1. Elisa-R dit :

    Bel exercice ! Je crois que nous allons bien nous amuser.

  2. Éclaircie dit :

    N’est-ce pas Elisa !

  3. Elisa-R dit :

    Je l’ai déjà dit auparavant mais je le redis : tu es une petite fée !

  4. Heliomel dit :

    chimère, espérance, c’est deux mots qui vont bien ensemble car poursuivre une chimère sans espérance, autant demander à un oracle quand le soleil reviendra!
    Bravo à tous et bon week-end

  5. phoenixs dit :

    Voilà que l’espérance se mêle d’être chimère à plusieurs et quels  » plusieurs  » ! 😉

  6. phoenixs dit :

    Tout de même elle reste jolie cette  » Chimère aux yeux gris « 

  7. 4Z2A84 dit :

    Les poètes se sont-ils concertés avant d’écrire ? D’un texte à l’autre on retrouve les mêmes mots : espérance, chimère, oracle…J’en reste coi, ou comme deux ronds de flan.

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