Matin

 

Attendre encore un peu
-La lune caresse le tilleul-
Attendre, fermer les yeux,

Ne pas guetter sa respiration.
Il n’est plus là.
Le chien-ce n’était qu’un chien

Demain déjà s’affiche
A contre temps, à contre sommeil
Je veille et vous dormez

La lune atteint le toit

Se lever
Tisonner le feu
C’est là, dans la chaleur
Que se dessinent les spirales
Où l’on peut lire
Tout ce que je n’adresse à personne
Mais bien à vous tous
Mes indispensables

Un jour de plus
Guetter l’écueil
Et les bourgeons

Ne pas penser
Ne pas penser aux murs
Ils reviendront

Un thé-le froid-dehors-le gel-vibrant
Les crocus bientôt

Demain commence

 

8 replies on “Matin”

  1. Annick SB dit :

    Demain commence toujours après l’attente …

  2. Elisa-R dit :

    Nous partageons un moment d’intimité, comme si nos rêves nous avaient ouvert une fenêtre sur une pièce chaude et confortable de tes petits matins.
    C’est un poème qui me touche particulièrement.

  3. Heliomel dit :

    regarde bien la spirale et tu verras tes visages amis

  4. Éclaircie dit :

    Jolie formule, Annick, merci.
    Elisa, ma fenêtre t’est toujours ouverte.
    Héliomel, tu ne crois pas si bien dire, d’ailleurs je t’ai entraperçu dans la dernière flambée.

  5. 4Z2A84 dit :

    Je lis, je relis. Ici pas d’irrationalité pour l’irrationalité. La voix que nous écoutons décrit des choses simples avec des mots que nous comprenons et qui nous touchent. Nos actes et nos pensées quotidiens acquièrent une sorte d’irréalité quand nous les nommons avec…une infinie tendresse. « Je veille et vous dormez » dit cette voix que nous entendons comme l’enfant endormi entend les sonorités qui le bercent.

  6. oulRa dit :

    Beau texte.
    C’est donc toi qui nous veille lors de nos petites morts ?

    À ce propos, j’ai perdu quelques rêves, si tu les surprends à chahuter, à s’esclaffer dans l’âtre…
    (ci joint quelques enveloppes ,-))

  7. Toni Cervantes Martinez dit :

    **Ne pas penser
    Ne pas penser aux murs
    Ils reviendront**

    ne pas penser !…c’est comme fermer les yeux, l’esprit dans l’attente d’un silence évocateur de pleins d’images en bouquets scintillants de paroles de l’ailleurs …

    ne pas penser aux murs !…c’est comme prendre son envol libre comme l’air au gré des rivières du ciel …

    ils reviendront!…infiniment les mêmes et toujours différents pour que vive le temps

    mon ressenti éclaircie!…toni

  8. Éclaircie dit :

    Merci de ton passage, Toni. Ressenti poétique.

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