Pleine cage coeur vide

Nulle clé ne m’ouvre ton cœur

 

Qui reste fermé comme la poste le dimanche.

En tendant l’oreille je l’entends battre,

Peut-être en morse délivre-t-il un message…

Ah ! Si j’entrais en toi par tes yeux

Je saurais tout de l’itinéraire de ton sang,

Des cols, des défilés et des vallées qu’il emprunte ;

Je le verrais se prélasser au bord des lacs endormis

Quand sa pompe lui laisse des loisirs.

Mais ton regard, armé de cils, me repousse

Et si, par miracle,  je disposais d’un orage

Et des éclairs et de la foudre et du tremblement

Un soupir de toi, même léger, les pétrifierait !

 

L’œil torve repose sur le plateau télé

 

Prêt à bondir au moindre soupçon

 

De farine dans le poisson

 

Ne jetez plus sur vos journaux

 

Ce regard affamé

 

L’encre ne pèse pas plus qu’un léger voile

 

Dans la voix lorsque vous chantez

 

La bouche pleine et le cœur vidé

 

De son sang aussitôt absorbé

 

Par l’étude de la chromatique du noir

 

Une fine pluie de sable tombe sur les hautes barres d’acier et de verre

Tandis que les jours poussent quelques cris, chahutent

Se pendent, tête en bas, aux barres métalliques

Des cages pour enfants

Derrière une fenêtre aux vitres sales

Un père contemple songeur la horde enfantine des heures

Qui joue insouciante au cœur d’un vague terrain

Miraculeusement épargné par les hommes sans visage

 

L’éléphant de mer trompe son ennui

Sur les côtes de Patagonie

Qu’est-ce qui te tracasses

Le veau de mer ? dit la rascasse

O sole mio carpe diem

 

Les algues respirent encore

L’haleine de marée basse

Leurs lèvres sont bleu outremer

Quand le sable se plisse

Et que les crabes s’affûtent

 

Au bal des cuirassés

Regardez les hippocampes

Qui moulinent du dos

Pour se raconter

Des histoires à dormir debout

Eclaircie

Elisa-R

4ZA84

Heliomel

 

5 réponses sur “Pleine cage coeur vide”

  1. Elisa-R dit :

    Ah le voilà le PPV de la semaine ! Il s’est fait attendre mais ce n’est pas grave : le plaisir n’en est que plus grand.
    Bravo à tous !

  2. Éclaircie dit :

    Chez les pépéviste, même l’amour prend des airs de voyages fantastiques, mais les coeurs sont vite détournés de leurs tendres penchants, ils palpitent dans des poitrines de métal d’homme sans visage. Il appartient, alors au lecteur de se réfugier sous d’autres tropiques et de s’endormir debout, s’il ne rêvait pas déjà.
    (pourras-tu, Héliomel, indiquer à qui appartiennent ces voix d’ailleurs ?)

  3. 4Z2A84 dit :

    Pendant que s’égrène la horde enfantine des heures quelqu’un écrit un poème d’amour à l’attention des hippocampes au regard affamé.

  4. Heliomel dit :

    L’oeil torve de l’hippocampe cherche surement la clef qui ouvrirait la cage aux enfants, comme tout ça est logique!

  5. 4Z2A84 dit :

    En effet ! Une logique à la Lewis Carroll.

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