SALADES SOUS LA PLUIE

 

Poème à plusieurs voix 22 février 2013

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Le premier matin il lui manquait un doigt,

L’index qu’elle chercha

Dans tout ce que d’ordinaire elle désignait

L’arbre, le feu, le coin de la ruelle

Sombre mais chaleureuse.

Le lendemain les bras avaient disparu

Dans des étreintes lointaines

Réconfortantes mais éphémères

Celles où l’autre n’a pas de nom.

Le dernier jour, il ne lui resta que le visage

Opalescent, diaphane

Qu’elle déposa sur la margelle du puits.

La nuit venue, la lune appela la vague

Et sans troubler le contour

De l’astre ni de la face

On les vit s’épouser dans le matin naissant.

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Je n’avais plus que vous je vous avais entière

Vos ciels sombres vos lacs vos jardins suspendus

Je franchissais sans craindre un refus vos frontières

Pour que nous partagions tous les fruits défendus

.

 

Les naufragés du passé refont surface

Quelques remous d’ abord sur le plat du jour

Suivis d’ un bouillon grotesque parsemé de soleil

Puis les corps émergent calmes et confiants

Ils contemplent  la face du ciel

Leurs yeux blancs étonnés découvrent une nouvelle fois

La douceur de l’ azur

Le silence des oiseaux en plein vol

Dans les eaux profondes d’ un reflet trompeur

Le temps s’ est arrêté

Quelqu’un tourne la page

.

 

Je n’y croyais pas non plus
et pourtant la réincarnation
m’a rattrapé à l’heure de mon trépas
je suis passé par  des états successifs

aussi variés qu’imprévus

 

Je n’avais pas fermé les yeux que j’étais déjà

ouvrière dans une termitière pour handicapés
puis oxyphone pour bathyscaphe pré cambrien
et encore, coiffeur pour lombrics néo-nazis

Enfin subrécargue à la bataille de Lépante

Après le poste envié de sous-secrétaire
délégué à l’outre-mer où je me voyais déjà

doté d’une retraite confortable, la chute était brutale
surtout dans la termitière du Burkina Faso

Mais vous verrez, on s’habitue à tout

Pour mon ultime transformation abracadabrantesque
il parait qu’on parle de moi au poste d’ours polaire
je ne suis pas pressé, avec ma chance habituelle
la banquise sera fondue quand je pointerai mon museau

J’aurais préféré être iguane marin aux Galápagos

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Ont sévi :

Eclaircie

Elisa R.

Héliomel

Bibi.

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8 réponses sur “SALADES SOUS LA PLUIE”

  1. Elisa-R dit :

    Variations autour d’un thème…Toutes les portes s’ouvrent !

  2. 4Z2A84 dit :

    L’irrationnel dans toute sa…rigueur.

  3. Heliomel dit :

    Des fruits défendus aux naufragés, le monde est cruel et… démembré!

  4. Éclaircie dit :

    bon, ce matin (un de plus, hihi), je ne sais pas quoi dire d’intelligent.
    Alors : juste merci.

  5. Annick SB dit :

    J’ai eu l’impression de voir défiler les images loufoques et surréalistes comme dans un dessin animé lors une disparition lente, surprenante et angoissante à souhait …

  6. phoenixs dit :

    Une « salade » variée sans croûtons ni feuille entre les dents 😉

  7. Elisa-R dit :

    Annick SB, je viens de visiter votre site. « C’est étrange » m’a beaucoup plu (je n’ai pas de compte google et mon commentaire n’a pas été validé).
    Merci pour votre visite en ces lieux.

    Phoenixs, il reste de la place à table : installez-vous.

  8. Éclaircie dit :

    Annick, je suis passée aussi, et recommande aux amateurs curieux de faire un tour chez vous.
    Super d’avoir poussé la porte du jardin et surtout d’avoir laissé une empreinte.
    le principe de ces PPV, poèmes à plusieurs voix : écrire à plusieurs, sans aucune consigne et publier l’ensemble sous un même titre.

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