la nuit on entend

LA NUIT ON ENTEND

 

Quand la vague revient clapoter sur la plage

Dans la nuit on entend les râles d’Amoco.

 

La mer a déposé sur un bout du rivage

Dans le petit matin la misère et son lot

Salissant la beauté qu’avait le paysage

Sans verser pour autant, une larme, un sanglot.

 

Quand la vague revient clapoter sur la plage

Dans la nuit on entend les râles d’Amoco.

 

La tempête en furie avait fait son ouvrage

Envoyant par le fond le navire abimé

Elle écrit le récit d’un funeste naufrage

La mémoire d’un temps, vestiges du passé.

 

Quand la vague revient clapoter sur la plage

Dans la nuit on entend les râles d’Amoco.

 

La sonate devient un triste concerto

Pour l’univers Sali par la bêtise humaine

Un requiem chanté par un vieux matelot

Sur le pavé noirci de la belle fontaine.

 

Quand la vague revient clapoter sur la plage

Dans la nuit on entend les râles d’Amoco.

 

Il en faudra des jours pour nettoyer l’outrage

Les traces d’un péril qui se colore en noir

Avant que le baigneur dépose son bagage

Pour aller s’assoupir sur les rochers, le soir.

 

Quand la vague revient clapoter sur la plage

Dans la nuit on entend les râles d’Amoco.

 

Le fantôme endormi bercé par le clapot

Est un bateau rouillé, délavé par l’écume

Il laisse au troubadour, sans y mettre véto,

D’envoyer son refrain aux vents de l’amertume.

 

Quand la vague revient clapoter sur la plage

Dans la nuit on entend les râles d’Amoco.

 

jc blondel

6 réponses sur “la nuit on entend”

  1. Elisa-R dit :

    Le refrain nous parvient , à nous qui sommes loin « des vents de l’amertume ». Et il a le même effet sur moi qu’un son, présent du début à la fin, dans une(magnifique) complainte de Guillaume de Machaut.

    Merci JC.

  2. jc-blondel dit :

    un peu comme des vagues qui deposaient le pétrole a l’époque
    merci d’etre passee

  3. 4Z2A84 dit :

    Les répétitions risquent d’endormir le lecteur, je m’en méfie. Ici elles le bercent et ton poème rivalise avec des mélodies au violon. On ne peut pas dire que tu choisisses la facilité en observant les règles de la poésie mesurée et rimée. Mais je le répète trop de martèlements d’une même proposition (même lorsqu’ils suggèrent un mouvement répétitif comme celui des vagues) risquent de lasser quand ils ne sont pas le produit de la facilité.

  4. jc-blondel dit :

    c’est la forme meme du malhoun qui fait les repetitions
    merci d’etre passé

  5. 4Z2A84 dit :

    Le malhoun semble un genre de poésie essentiellement arabe. Serais-tu le seul à le pratiquer dans notre langue ?

  6. jc-blondel dit :

    c’est bien un genre de poesie arabe comme le gazal et le mouwachah va faire un tour sur poesis on est plusieurs a pratiquer connaissant ton amour de la poesie ce site ne devrait pas te deplaire
    amicalement
    jean claude

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