Trois poèmes de Marc Alyn

Trois Poèmes de Marc Alyn

 

Marc ALYN

Marc Alyn (né en 1937, à Reims) reçoit à vingt ans le Prix Max Jacob.
Depuis, à côté de nombreux ouvrages en prose (critique, roman, théâtre) il a fait paraître plus d’une quinzaine de recueils de poèmes.
En 1973, il a reçu le Prix Apollinaire pour « Infini au-delà » et en 1994, le Grand Prix de Poésie de l’Académie française et le Grand Prix de Poésie de la Société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son oeuvre.

Poésie(s) de Marc ALYN :

« L’enfant de lune.
.

La lune en maraude au coeur des vergers
Grimpait aux pommiers en jupon d’argent ;
Surgirent des chiens rauques, déchaînés :
La lune s’enfuit, laissant un enfant.
.
Il vint avec nous en classe au village,
Tout à fait semblable aux autres garçons
Sauf cette clarté nimbant son visage
Sous le feu de joie de ses cheveux blonds.
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Il aimait la pluie, les sources, les marbres,
Tout ce qui ruisselle et ce qui reluit ;
Le soir il veillait très tard sous les arbres
Regardant tomber lentement la nuit.
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La lune en maraude au coeur des vergers
Vint chercher l’enfant un soir gris d’automne :
Vite, il s’envola. J’entends à jamais
Le bruit de son aile amie qui frissonne. »
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Marc ALYN
.
« Nuit dansante
.

Quand le hibou joue de la flûte,
Le grillon sort son violon,
La hulotte prend son luth
Et le crapaud son basson.
.
Cela se passe dans le Sud,
Non loin du vieux pont d’Avignon,
Sur le Rhône, c’est l’habitude
De danser ainsi tous en rond.
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Chats-huants, quels entrechats
Grand-duc, aimez-vous le rock ?
Mais qui sont donc ces petits rats ?
Des surmulots. Ah! quelle époque!
.
Ainsi danse-t-on dans les bois
Chaque nuit jusqu’au chant du coq,
C’est du moins ce que dit mon chat
Natif d’Uzès, en Languedoc. »

Marc ALYN
.

« Le papillon
.

Né au pays de la soie fine
Dans un cocon venu de Chine,
L’Orient est peint sur ses ailes.
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Jaune ou bleu, vert ou vermeil,
Il vole, il va, il vit sa vie
A petits battements ravis.
Dans l’air doux, comme un éventail.
.
On le voit, on ne le voit plus,
Il est ici, il est là,
Ou bien c’est un nouveau venu
Son jumeau qui passe là-bas.
.
Ah ! Mettez au clou vos filets,
Jetez épingles et bouchons,
Laissez-le libre car il est
La poésie, le papillon ! »
.

Marc ALYN

.

 

 

3 replies on “Trois poèmes de Marc Alyn”

  1. Éclaircie dit :

    Ah ! j’aime beaucoup beaucoup ces poèmes que tu nous proposes. Fraîcheur, tendresse, une certaine naïveté aux douces résonances. Mention spéciale pour le premier.

  2. 4Z2A84 dit :

    …pour le premier. Notamment à cause de la lune, c’est-ce pas ? Elle nous perdra !

  3. Elisa-R dit :

    J’ai tout de suite été séduite par le premier, même si j’aime le petit air printanier du troisième.

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