Le livre sous la glace

C’est ici que s’ouvre le livre dans le livre

Depuis les rues enroulées dans leur écharpe

Les échelles grimpent jusqu’au ciel

Les toitures courbent leur dos d’ardoise

On se souvient de ces deux corps penchés

Au-dessus des tables grises

Quelques-uns égarés dans la spirale

Chantent encore la mémoire d’une sphère orange

Et l’on voit toujours ce grand bateau blanc

Accostant le rivage d’une île invisible

.

Parfois la glace fond

Parfois on la couve

Comme un œuf

Avant de l’entendre se casser.

…Il y a un œil au plafond :

En été des mouches s’y collaient

Le ciel secouait son arrosoir

Au-dessus des plantations.

La fraîcheur d’une feuille de salade

Contre nos joues les rassure

On n’y mordra plus

Pour la pulpe qu’elles annoncent

Sous des rougeurs irrépressibles.

.

Viens mon beau soleil noir

Que tu sois léger ou profond

Fais que l’eau de mes yeux

Se fige en cristal immobile

 

Toi mon vrai sommeil

Le gardien vigilant

De mes voyages insensés

Ouvre la fenêtre

 

Qu’il fasse chaud ou froid

On va partir tous les deux

On refera le monde

Jusqu’à l’aube entrouverte

 

Les façades émergent de la brume

S’interpellent se congratulent
S’interrogent de la fenêtre mauve encore fermée
-est-ce là le refuge de la lune fugueuse-
Elles rosissent d’émotion
Lorsque sur les trottoirs trottinent
Les réverbères et leurs allumeurs
S’en allant chercher l’ombre
Et quelque amadouvier pour partager leur flamme
Depuis le soupirail un œil pétillant
Lance des éclairs blonds
Confettis qui s’envolent pour maquiller le temps

 

Ont participé:

Eclaircie

Elisa

4Z

Heliomel

 

4 replies on “Le livre sous la glace”

  1. Éclaircie dit :

    La glace fondue, la page dans la page nous invite en son monde. Voyage pour atteindre l’éclosion d’un jour.

  2. Elisa-R dit :

    Les rythmes varient, pas le plaisir.
    Ce « livre sous la glace » est illustré de belle manière !

  3. Heliomel dit :

    le soleil se dissipe, mais pas le groupe, fidèle à chaque rendez-vous. il faut plus que les outrages du temps pour être amené à baisser pavillon.

  4. 4Z2A84 dit :

    2013 commence en beauté avec ce texte où l’imagination ne se privant de rien circule dans des contrées inconnues et en ramène des inventions que seule la poésie jointe au pouvoir des mots nous permet d’appréhender.

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