enfant je suis venu

ENFANT JE SUIS VENU

 

Enfant, je suis venu m’amuser sur la plage

A l’aide de mon seau j’ai bâti mon château

Aujourd’hui je reviens découvrant ce carnage

La nature a repeint ce sinistre tableau.

 

Un vieux bateau rouillé s’est fracassé la tête

Sur un bloc de caillou dormant sous l’océan

Il a tout dévaste par un jour de tempête

En laissant le goudron s’échapper de son flanc.

Pour ces quelques dollars, pour toucher le pactole

Ils ont fait naviguer leur carcasse de fer

Et depuis les oiseaux alourdis de pétrole

S’écrasent sur les flots que façonne la mer.

Dans ce désastre gris tout parait illusoire

Il flotte dans le vent une odeur de pourri.

Le phare a ce reflet qui devient dérisoire

Quand il vient balayer cet horizon meurtri.

 

Le sombre est la couleur qui teinte le rivage

Tandis qu’on aperçoit un bout du chapiteau

Qui glisse dans le noir de ce vrai marécage

Avant de se poser au plus profond de l’eau.

 

Je garde cette image au fond de ma mémoire

D’un village salit à cause du profit

Voila le résumé d’une sordide histoire

D’un vaisseau délabré qui plonge dans l’oubli.

 

 

 jc blondel

6 replies on “enfant je suis venu”

  1. Elisa-R dit :

    Je suis heureuse de vous (re)lire ici. J’aime beaucoup ce poème.

  2. Éclaircie dit :

    Le mal de la société (le profit au détriment de la nature et de l’homme) en beaux alexandrins. merci.
    Les vers que je préfère :
    « Le sombre est la couleur qui teinte le rivage

    Tandis qu’on aperçoit un bout du chapiteau

    Qui glisse dans le noir de ce vrai marécage

    Avant de se poser au plus profond de l’eau. »

  3. jc-blondel dit :

    et dire que l’on n’est pas a l’abri d’un autre carnage
    merci

  4. 4Z2A84 dit :

    Un paysage désolé. Avec le dernier phare en activité ?

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