Un poème d’Emily Dickinson

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« Ayant fait deuil de tout, je partis à l’étranger –
Je ne fus pas moins endeuillée –
Sur une Nouvelle Péninsule –
La Tombe m’ayant précédée –
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Elle obtint mon Logement, avant moi –
Et quand j’allai me Coucher –
Ma Tête était posée sur la Tombe
Faisant office d’Oreiller –
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Quand je m’éveillai, je la trouvai éveillée la première –
Quand je me levai – elle me suivit –
J’essayai de m’en débarrasser dans la Foule –
De la perdre dans la Mer –
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De la noyer, de la détruire
Dans des Coupes de Narcotiques artificiels –
C’en fut fini – de la Tombe – mais la Bêche
Resta fichée dans ma Mémoire – »
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Emily Dickinson (1830-1886). Traduction : Françoise Delphy.
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9 replies on “Un poème d’Emily Dickinson”

  1. 4Z2A84 dit :

    « Sur les deux mille poèmes ou presque que nous connaissons d’Emily Dickinson, six seulement furent publiés de son vivant. Les autres ne furent découverts qu’à sa mort. »
    Françoise Delphy, traductrice des « Poésies complètes » d’Emily Disckinson.

  2. 4Z2A84 dit :

    Emily DICKINSON.

  3. Elisa-R dit :

    Même s’il est sombre je trouve ce poème lumineux : l’humour sans doute !

  4. Fauchon dit :

    Françoise Delphy, découvreuse de talents cachés.

  5. 4Z2A84 dit :

    Emily Dickinson
    Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

    Emily Dickinson

    Emily Elizabeth Dickinson, née le 10 décembre 1830 et morte le 15 mai 1886, est une poétesse américaine. Née à Amherst dans le Massachusetts, dans une famille aisée ayant des liens communautaires forts, elle a vécu une vie introvertie et recluse. Après avoir étudié dans sa jeunesse, durant sept ans à l’académie d’Amherst, elle vit un moment au séminaire féminin du mont Holyoke avant de retourner dans la maison familiale à Amherst. Considérée comme une excentrique par le voisinage, on la connaît pour son penchant pour les vêtements blancs et pour sa répugnance à recevoir des visiteurs voire, plus tard, à sortir de sa chambre. La plupart de ses amitiés seront donc entretenues par correspondance.
    Bien qu’ayant été un auteur prolifique, moins d’une douzaine de ses presque mille huit cent poèmes ont été publiés de son vivant[N 1]. Ceux qui furent publiés étaient généralement modifiés par les éditeurs afin de se conformer aux règles poétiques de l’époque. Les poèmes de Dickinson sont uniques pour leur époque : ils sont constitués de vers très courts, n’ont pas de titres et utilisent fréquemment des rimes imparfaites et des majuscules et une ponctuation non conventionnelle[1]. Un grand nombre de ses poèmes traitent de la mort et de l’immortalité, des sujets récurrents dans sa correspondance avec ses amis.
    Même si la plupart de ses connaissances devaient savoir qu’Emily Dickinson écrivait, l’étendue de son œuvre ne fut connue qu’après sa mort, en 1886, quand Lavinia, sa plus jeune sœur, découvre sa cachette de poèmes. Son premier recueil est publié en 1890 par des relations personnelles, Thomas Wentworth Higginson et Mabel Loomis Todd, qui en altéreront fortement le contenu. Ce n’est qu’avec l’édition de Thomas H. Johnson en 1955, Les poèmes d’Emily Dickinson (The Poems of Emily Dickinson), que paraît pour la première fois un recueil complet et pratiquement intact de son travail. Malgré des critiques défavorables et un grand scepticisme vis-à-vis de ses performances littéraires de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle, les critiques considèrent à présent Emily Dickinson comme un poète américain majeur[2],[3].

  6. 4Z2A84 dit :

    Emily, je t’adore !

  7. 4Z2A84 dit :

    Un poème de Robert Goffin (1898-1984).
    .
    « Emily
    .
    . Des bribes de poésie évaporée comme par hasard
    En longs silences en cris de sauge en frémissement d’oiseaux
    Dans un village comme les autres de la Nouvelle-Angleterre
    Avec un goût de fumée de bois au crépuscule des cheminées
    Et une cloche puritaine pour réchauffer les consciences glacées
    Oui évaporée en lettres sans franchise de port venues du bout du cœur
    Tout un trésor de poésie faite chair dans un tiroir de noyer
    Il y a encore l’odeur du sirop d’érable et le choc des billes d’agathe
    Elle n’est plus qu’une piste d’absence dans une forêt de fantômes
    La nuit derrière les rideaux des peupliers elle passe phosphorescente
    Avec à la main une lumière invisible qui l’appelle
    Comme celle des Rois Mages
    Le pasteur chante encore dans son cœur d’une église de Philadelphie
    La nuit tombe comme si c’était pour la première fois
    Mais elle seule le sait
    Sont-ce les chevaux de l’amour ou de la mort qui galopent à l’horizon
    Elle s’est enfermée une fois pour toutes hors du royaume de la prose
    Vit-elle encore – à peine – beaucoup – tendrement
    Ou plutôt n’est-elle pas diffuse dans les jonquilles les merles et les tirets
    Bientôt elle se dissimule derrière des apparences épistolaires
    Elle sort la nuit à la rencontre de premier effluve des bourgeons d’avril
    Elle est avertie longtemps à l’avance du langage des pluviers dorés
    Qui font le tour du continent au large de son chef-lieu rose
    Rien ne vit que déjà immortel aux doigts de la minute même
    Elle fiance des mots de couleur sur des factures d’épicerie
    Elle met dans son compte-courant du vieux buffet
    Toute sa fortune verbale à intérêts composés
    Jamais elle n’a parlé la langue quotidienne du père qu’elle adore
    Elle attend quinze ans pour sortir à minuit précise
    Apparition d’hermine
    A la rencontre combustible de l’âme envolée du petit Gilbert
    L’oiseau n’est plus qu’une trace de disparition lumineuse
    Elle voudrait écrire des poèmes en mots de papillon et de tilleul
    Les abeilles lui envoient des télégrammes en bourdonnements de ruches
    Habillée du coton des servantes elle tisse la beauté d’aujourd’hui
    Et se réveille pour mieux entendre le silence charnel du juge Lord
    Elle est beurrée de nuit en plein jour
    Et contradictoirement couleur d’éphémère et d’immortelle
    Les fermiers d’Amherst ont beau cueillir les pommes pour le marché matinal
    Elle ne vit que d’un commerce de pétales de mots et d’ailes de métaphores
    Subitement elle s’est évanouie comme une bulle
    Dans un toboggan de surprise mais le tiroir reste à jamais à double tour
    Je vous présente faite femme
    Toute la poésie américaine appelée Emily Dickinson. »
    .
    Robert Goffin (« Sources du Ciel », 1962).
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  8. Éclaircie dit :

    Je suis effarée d’apprendre que des éditeurs puissent avoir « réécrit » des compositions d’Emily Dickinson.
    Un(e) auteur(e) à découvrir tant les thèmes abordés me touchent.

  9. OulRa dit :

    Je découvre…
    Singulier.

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