LES AVIONS ET LES CHATEAUX FONT LA ROUE DANS LA RIVIERE.

Poème à plusieurs voix.
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Le château d’en bas a ses racines dans celui d’en haut
Un simple tremblement d’eau les sépare
En bas, on marche au plafond, on caresse les corniches
En haut, on est sur un nuage, on caresse les duchesses

Il y a un toit dans l’eau, un autre dans l’air
Côté ardoises, du bleu s’oppose au gris
Les arcades font des ronds dans l’eau
Seule la douve reste impassible

On pousse une porte pour entrer dans le château d’en haut
Mais déjà vous voulez pénétrer dans le château d’en bas
C’est difficile, on ouvre la porte de la cave d’en haut, on descend
On gratte un peu le sol et on se retrouve dans la cave d’en bas

Les étiquettes des bouteilles sont décollées
Le vin s’est transformé en eau, les oiseaux en poissons
Les bulles préfèrent retourner au château d’en haut
Le masque sur la face, on sabre le champagne
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Les avions creusent au ciel des sillons
Comme fourchette dans la purée
Sur une nappe d’huile
Tous les convives assis sur le tarmac
Lancent miettes de pain et de conversation
Pour que fleurissent les oiseaux
Les dictionnaires et la concorde
Dont ils engrangeront les fruits sous leurs chapeaux
Avant de faire le voyage aux confins du son
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Aucune couleur même si au fond le bleu
Estompe avec les ongles nos contours
Aucune feuille même si parfois
Quelques couloirs deviennent maritimes
Et puis l’impact d’ une photographie
Qu’un vieux meuble poussiéreux gardait
Comme un trésor précieux serré tout contre soi
Alors les saisons ressemblent à cette roue
A losanges pointus et multicolores
Qui hier encore ravissait nos yeux d’enfant
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La route s’élargit : les rivières gonflées
Chantent d’une autre voix sur des pentes plus raides
Notre radeau secoue ses passagers bondit
Retombe plonge et sort de l’eau tel un nageur
Pour reprendre son souffle et s’immerger encore.
A gauche à droite une interminable forêt
Nous accompagne – d’elle aucun secours ne vient
Puis lorsque dans la jungle hostile où les cris fusent
Notre esprit nous oblige à pénétrer, le ciel
Parfois entièrement caché par le feuillage
Nous apparaît lointain plus lointain qu’en ces jours
Où nous rêvions de le traverser à la force
Des bras car ils tiendraient le rôle des deux ailes
Dont les oiseaux jaloux de leurs prérogatives
Ne cèderaient jamais une plume une seule
A ces enfants envieux agglutinés au sol.
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Sans Eclaircie, Elisa et Héliomel, il m’aurait été impossible de publier cette suite d’étranges poèmes. KZ.
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4 replies on “LES AVIONS ET LES CHATEAUX FONT LA ROUE DANS LA RIVIERE.”

  1. 4Z2A84 dit :

    Quatre mondes dans l’univers.

  2. Elisa-R dit :

    Etranges poèmes et l’on avance, enchanté par l’étrange atmosphère qui bien que constituée de bleu, de gris, de fruits et de tarmac, autant qu’un brouillard à couteau, distille un chant bienfaisant . C’est une lecture vivifiante !

  3. Éclaircie dit :

    Route entre le ciel et l’eau, derrière la porte sait-on quel château nous trouverons ? Quel trésor bien gardé ? Les enfants, même envieux doivent savoir. Les sons dansent depuis les forêts jusqu’aux douves, ils sont bleus.

  4. Heliomel dit :

    nous sommes des grues cendrées, entre le Cap et Cap Nord, on en voit de toutes les couleurs.

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