Œil-de-bœuf et bol de riz

L’œil-de-bœuf, de l’espace, il en rêvait
Il enviait les battants des croisées
Simple pupille sur la façade
Il se voyait œil du cyclone
 
Il déposa   plinthe pour désobésité
Atteinte au manque de perspective
Privation du minimum vitral
Absence de lumière véritable
 
Monté sur ses gonds ridicules
Il essaya comme un coq
De se pousser du col
Hélas rien n’y fit
 
Tous ses efforts furent vains
Il poussa tant et tant
Qu’à la fin il éclata
Et depuis le mur est aveugle
  .
Les ombres molles des étangs endormis
En créatures légères savent l’essentiel
Dans les arbres poussent des moineaux affranchis
Et de larges taches d’or désireuses de vivre
Le sol se prépare à vibrer nourri d’hymnes nouveaux
Tandis que les rives s’envoient de doux baisers
Les fleuves qui chahutent s’écoulent un peu trop vite
Les tapis rouges sortent paisiblement des housses
S’ébrouent et s’étirent faisant naître de la terre
Des bruines scintillantes
.
Avec l’encre la mer retrouve son empire
Ou le perd c’est selon le caprice d’un dieu
Ou d’un démon les deux sans beaucoup d’envergure
Mais armés d’un ordinateur et sachant lire
Le soleil nous condamne à porter un chapeau
Sous lequel nous rêvons d’avoir la tête creuse
Pour la remplir de sable et tenir des propos
Incohérents sur l’art le temps et sa trotteuse
Nous manquons d’aliments de meubles de terrasses
Caves et réservoirs nettoyés puits taris
Du pire et du meilleur le vent nous débarrasse
Les enfants font durer leur dernier bol de riz

.

Un quatuor à trois têtes : 4Z, Héliomel et Elisa ; Eclaircie, la quatrième tête étant momentanément retenue par l’extinction de voix de son ordinateur.

3 replies on “Œil-de-bœuf et bol de riz”

  1. Heliomel dit :

    Un tapis rouge pour la souris
    Un ordinateur pour un bol de riz
    Et, aveugle, le vent cherche la plaine.

  2. Elisa-R dit :

    Joli mélange un peu étrange mais toujours aussi motivant.

    Eclaircie : ta part nous manque , il nous tarde de la lire.

  3. Éclaircie dit :

    Cet « Oeil de boeuf », qui voulait découvrir l’espace, a réussi à nous entraîner en forêt, aux cotés de ce fleuve pour rejoindre la mer, où se côtoient humour, jeux de mots rêvent et mélancolie, voire gravité en filigrane.
    Éloignée de vous, c’est un plaisir de lire ce trio à mon retour.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.