Chants parallèles

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Le torrent meurt de soif en atteignant la plaine

Où l’on demande aux toits de coiffer les maisons

Mais les toits sans un mot se replient sur eux-mêmes

Et dans la cheminée le feu perd la raison

Une flamme frileuse effleure le plafond

D’où pend apparemment satisfait un jambon

Autour duquel vrombit une armada de mouches…

Quand il chante l’oiseau ignore qui l’écoute

– Trouve ton auditeur parmi les vagabonds

Fauvette dont voilée ou non la voix nous touche

Et s’il n’applaudit pas fiente sur son chapeau !

Sur son chapeau de paille

On dit qu’il l’a volé…à un épouvantail.

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Les cimes déployées embrasent l’horizon

Une bouche gigantesque souffle les étoiles

Comme si elles n’étaient que simples bougies

Un jour inconnu et terrible se fraye un passage

Dans les entrailles de la nuit

Plus aucune âme n’est éveillée quand  le vacarme

Vient en renfort de la chaleur insupportable

Le cauchemar s’installe dans la chambre du sommeil

..

Année zéro sur le compteur, l’homme d’argile tressaille

Au premier son, il se lève et tend les mains vers le ciel

Il voudrait copier le bel oiseau puissant

Entre brumes et falaises, découvrir la mer

 .

Du sol montent les volcans, les savanes

Il ne lui reste pour s’asseoir qu’un tronc noueux

La clairière s’assombrit, la main contre les yeux

À peine entamée, il cherche déjà où finit sa vie

 .

Il est dans le ciel des poissons aux herbes folles

Leurs bouches palpitent comme des cœurs d’arondes

Aux rivages des îles leurs voiles se déploient

Et font des papillons sur les sables dorés

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Des fumerolles timides appelées par le vent

S’enfouissent sous les pierres et les cailloux

A la recherche de ces pulsations

Qui leur donne l’élan

Dont toute flammèche a besoin

Pour retrouver le feu de sa jeunesse

La feuille à faire danser et les applaudissements

Des spectateurs attendris de retrouver

Les battements et les couleurs

De la toile grisée par la nuit

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Avec les voix de :

Elisa, Héliomel, 4Z2A84 et moi.

4 replies on “Chants parallèles”

  1. 4Z2A84 dit :

    Quatre voix merveilleuses ! On se baigne dans de l’or. On traverse un ciel encombré d’oiseaux multicolores et de poissons dont les écailles brasillent.

  2. Éclaircie dit :

    Chants parallèles, divergents et convergents tout à la fois.
    De la bougie au volcan, le feu est là. Spectacle tour à tour drôle et grave.
    Le temps de ce poème survole des paysages intérieurs à chaque poète.

  3. Heliomel dit :

    Encore un ensemble où les quatre textes s’imbriquent parfaitement pour créer ou recréer cette atmosphère qui nous est chère.

  4. Elisa-R dit :

    Ces chants parallèles (quelle bonne idée de titre!) déjouent les lois de la géométrie et se croisent (parfois) très joliment.

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