VOYAGES DANS DES CAHIERS.

Poème à plusieurs voix.
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VOYAGES DANS DES CAHIERS.
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Quand les collines soutiennent le ciel
Les enfants les gravissent à cloche-pied
Pour attraper le soleil
Il sera le palet des marelles
L’ami de l’escargot dormant dans sa coquille
Le caillou des frondes à repousser l’automne
Les murs et les tableaux
Quand les gamins voient au loin la toise qu’ils détestent
Dans leur miroir apparaissent nos silhouettes
Cahiers en bandoulière nous les avons suivis.
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La charrette roule sur une roue
Car il y a longtemps
Que l’autre traîne seule
Entre talus et cailloux
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Le bœuf est sur cette roue
Il fouette le vent qui passe
Son frère a mangé
Le timon depuis longtemps
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La charrette ne se souvient plus
Des gerbes et des tonneaux
Il ne reste qu’un peu d’herbe
Entre deux planches pourries
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Alors pourquoi se plaindre
Dans le chemin creux
Il ne reste qu’un sillon
Et une flaque d’eau claire
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On quitte le chemin
– Et l’on se retrouve où ?
Dans la marge en un lieu
Réservé aux remarques
Du maître qui corrige.
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Le ciel il ne faut pas
S’y frotter car il pique.
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Pour défendre la rose
Dotez-la d’une épine.
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Sur le doigt du voleur
Une goutte de sang
Apparaît – le buvard
L’absorbe et le cahier
Purifié se referme.
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Des os blancs poussent sauvages
Sur les parvis gris des grandes forêts
Les lunes fleurissent en haut des branches
Les soleils sortent de terre
Les poètes du vendredi veillent sur les semis
Et couvrent l’ensemble d’un voile de mer
Translucide
Derrière les montagnes au bout des plaines
D’immenses bateaux partent au large
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avec le concours de :
Eclaircie,
Elisa R.,
Héliomel,
4Z3A84.
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4 réponses sur “VOYAGES DANS DES CAHIERS.”

  1. Elisa-R dit :

    L’encre bleue des yeux rêveurs, les cahiers à feuilles d’érable ou de hêtre pourpre, un soleil dessiné sur le buvard…

  2. 4Z2A84 dit :

    Les poètes du vendredi seraient-ils à bord de ces immenses bateaux qui partent au large ?
    Ou préfèrent-ils, conduits par un boeuf – sur le toit ? – rouler en charrette à travers la « sobre » campagne ?
    Le ciel les tente-t-il ? Attention aux épines comme aux feux rouges !
    Les poètes du vendredi jouent à la marelle. En guise de palet : le soleil (la nuit on utilisera la lune – si elle est d’accord…).

  3. Éclaircie dit :

    Je voudrais retourner à l’école en charrette, le soleil comme cocher. Je n’irais que le vendredi, jour de la poésie.
    Même si les taches sur mon cahier sont gouttes de sang, il sera celui que je donne aux feuilles des grandes forêts.

  4. Fauchon dit :

    Comme le petit poucet, on sème des cailloux tous les vendredis, la meilleure façon de se perdre mais avec délices sur le chemin de la poésie.

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