Ombres et couleurs

On dessine des méninges enchevêtrées dans des toiles
Des mines à ciel ouvert
Des galeries de verre
Des lits de rivières où l’eau dormante
Nous abreuve de l’histoire des galets
Quand ils étaient enfants au ventre des montagnes
Les mémoires s’entrouvrent
Et de grands ponts enjambent le passé
De larges sillons qu’ont creusés les orages
Accueillent les soleils renaissants
.
Les cailloux ont-ils une vie intérieure
Tant d’hommes se damnent pour des clous
Tant d’âmes flottent indécises
On ne compte plus les jeunes mariées qui regrettent
Le temps où les dinosaures jouaient aux dés
Et celles dont on aperçoit le nez au moment où le tramway démarre
Ici l’ombre est moins chère qu’ailleurs
Mais la qualité l’emporte sur le courant d’air quel que soit son âge
Si la rivière ne s’arrête pas au feu rouge
Les coquelicots mourront de honte
Oui le silence broute au même titre que le pivert
Quant à la neige elle joue du clairon
Mais ne me demandez surtout pas pourquoi
L’électricité fut si longtemps coupée sur la lune
.
Aux ombres des jardins répondent les chants
Des licornes sauvages reconnaissables
A leurs longs cils
Le ciel déraisonnable enfante des soleils
Boules rouges qui apaisent les pâleurs de la lune
Enfin nous posons nos errances
Qui fleurissent charmantes sur les murs lézardés
Et la vie resurgit des vagues mortes
Oubliées sur le vert des herbes hautes
.
Toucher la peinture du bout du doigt, braver l’interdit
Des ongles sur un tableau effleurent les souvenirs
Attachés au mouvement des couleurs, à la patine du temps.
Quelle était la couleur des yeux de l’infante au cerceau ?
.
Le rose des lèvres de la Joconde était-il plus vif qu’aujourd’hui ?
Nul ne saurait le dire et qu’importe d’ailleurs
Les secrets sont perdus , les ateliers disparus
J’ai pris Vénus sortie du bain par la main
.
Je crois qu’en inclinant sa tête, elle a souri
Les boiseries perdent leurs ors, le parquet grince mon prince
Les couloirs de la nuit s’annoncent, quelle tristesse ma princesse
Vénus, il est temps de retrouver ton fourreau de sirène
.

Le secret des cailloux a été préservé par 4Z,Eclaircie, Héliomel et moi-même.

5 réponses sur “Ombres et couleurs”

  1. josy01 dit :

    une richesse de vers!

    Josy …éblouie!

  2. Éclaircie dit :

    Le peintre n’a besoin que de la lumière naturelle de la lune pour mettre en reflets ces visages et ces soleils, l’ombre venant rehausser l’éclat de la toile.

  3. 4Z2A84 dit :

    Le dessin des méninges mène à Mona Lisa et à Vénus au bain en passant par des licornes nourries de coquelicots morts de honte. Une promenade pleine d’imprévus…Si le PPV n’existait pas, faudrait-il l’inventer ?

  4. Heliomel dit :

    J’adore les dinosaures qui jouent , simplement ça m’énerve, ma lampe de chevet tressaille à chaque fois qu’ils lancent les dés. Avec les galets, ça devrait mieux passer.
    je me demande si les rivières ne sont pas d’ailleurs les sillons de leurs âpres lancers!

  5. Elisa-R dit :

    Les galets sont bien plus doux et beaucoup moins contrariants pour les lampes de chevet.
    Le PPV s’invente chaque vendredi et aujourd’hui, je suis comme Josy : éblouie.

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