LES TUILES S’ENVOLENT

PPV du 10 août 2012
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Le bleu de lin n’est plus qu’un linceul
Pour le rouge sang des coquelicots
Et la lourde pluie de la fin d’été
Est un désastre pour les asters
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Les saveurs de mers, les senteurs de vents
Nous font croire que la plaine est morte
Orphelins des moissons mordorées
Nos sens inquiets sont tourmentés
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Ils respirent déjà l’odeur de l’âtre
Hument les premiers raisins
Les branches des noyers
Font des arcs-en-ciel
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Au calendrier les jours ont disparu
Le lait déborde des casseroles
Le blé en herbe envahit les tables
Dont les pieds arborent de larges feuilles
Des œufs durs naissent des poules pondeuses
Tous pépiant sous la pluie
Le gazon du salon recouvre les tapis et les miettes
Dans la galerie de portraits les hommes ont les yeux fermés
Les tuiles s’envolent à la poursuite d’une charpente
Sous le cerisier l’escabeau s’arrête à la première marche
Pris de vertige
Dans les rues les passants déambulent en chaussons
Babillent comme nourrisson
On accroche le soleil au plafond à côté de la lune
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La mer produit des fruits dont l’envergure étonne
Transfigurés les ports s’ouvrent comme des pêches
Et les bateaux pressés d’atterrir s’y engouffrent
Sur eux pèse une nuit faussement étoilée
Des bouquets de lueurs trop arrosés fléchissent
Entraînant dans leur chute un dernier papillon
Plus connu sous le nom d’aéroplane L’aube
Trop faible pour chasser définitivement
L’ombre annonce avec tact aux machinistes prêts
Qu’ils devront patienter car le soleil hésite
Et sans lui le rideau reste baissé plus lourd
Qu’un jardin sur lequel la pluie s’est abattue
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Un petit tas de sable au creux de ma main.
Une étoile, en bas, à gauche
Dans un carré de ciel bleu, du rêve.
Et le bruit de la mer qui arrive jusqu’au sable
Passager clandestin des lignes du destin
Il se grave un peu chaque jour.
C’est un livre mystérieux à contempler, songeur
Sans chercher à le lire.
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Avec le concours
d’Eclaircie,
d’Elisa,
d’Héliomel
et de moi-même.

5 réponses sur “LES TUILES S’ENVOLENT”

  1. 4Z2A84 dit :

    Le soleil inspire. Comme la lune.
    A tous de merveilleuses vacances ! Ici ou là. Dans la tête ou ailleurs.

  2. 4Z2A84 dit :

    Sans sortir de chez lui le poète voyage. (Encore un alexandrin ! Décidément…).

  3. 4Z2A84 dit :

    Passagers clandestins
    orphelins des moissons mordorées
    les hommes ont les yeux fermés
    sur eux pèse une nuit faussement étoilée.

  4. Éclaircie dit :

    En ouvrant ce livre mystérieux, on découvre un soleil hésitant, suspendu au plafond ou balayé par la pluie.
    Le rideau s’est levé dévoilant l’été des poètes.

  5. Fauchon dit :

    Toujours ces mystérieux fils qui relient nos textes, pour notre plus grande joie!

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