Dernier voyage

 

On entend le bruit de respiration de la gare. Les voyageurs sont entrés dans le grand hall bondé.

Ils ne sont pas assis que les dents des pavés des quais s’entrechoquent et que le train s’ébranle, secoué par les aiguillages, poussé par une langue de feu.
Non loin se profile le tunnel sombre qui les attend pour les plonger vers une gorge aux parois de rochers pourpres parsemés de cascades intermittentes, laiteuses comme des glaires.
Bien qu’ils prennent de la vitesse, ils sont rattrapés puis doublés par un fleuve méphitique qui semble assombrir le chemin de leurs rêves.
Ils baignent dans une semi obscurité, certains entendent déjà le bruit de la mer. Ils ne se sont pas trompés, elle apparait, majestueuse et tentaculaire. Alors, les petits cubes de vache qui rit disparaissent lentement dans l’estomac.

5 replies on “Dernier voyage”

  1. 4Z2A84 dit :

    Tour à tour inquiétant, surprenant, beau…et humoristique (malgré le titre ?), ce texte est un régal.

  2. Heliomel dit :

    Un régal oui, tout dépend de ton addiction à la vache qui rit!
    Amitiés

  3. Éclaircie dit :

    Une chute -dans l’estomac – des plus inattendues. L’esprit se laisse embarquer pour un drame et finit autour d’un verre.

  4. OulRa dit :

    D’infiniment grand-lent à l’infiniment petit-rapide (ou inversement, c’est selon ;o)), l’œsophage de la vie du rail nous évite le sandwich sncf ! Étonnantes distorsions.

  5. Elisa-R dit :

    « Dernier voyage », un texte étrange , multiple…Ces petits cubes arrivent comme le soleil au sortir du tunnel. C’est un vrai bonheur (j’allais dire régal mais c’est déjà pris)de te lire.

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