Les mains bleues

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Les mains bleues dessinent des nuages

Un cœur en morceaux sur un livre d’images

Plus loin la ville remonte sa robe d’acier

Au-dessus de ses chaussures à lacets

Un nouveau jour s’étire en mangeant des cerises

Prises dans un large bocal d’autres années

Dans lequel nagent quelques beaux  étés

Et la nostalgie d’une belle récitation apprise

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Se renvoyer la lune avec une raquette

Et ne jamais rater la balle au bond telle est

L’ambition des joueurs quand la nuit les éclaire

Une boule traverse en silence l’espace

Ou bien passe une étoile et l’on formule un vœu

La fortune est au bout de l’arc-en-ciel fugace

Qui saute par-dessus la rivière où poissons

Et lueurs confondus brasillent faiblement.

Sans y être invité le jour chante victoire

Et cherche le vainqueur parmi des adversaires

Qui ne remarquent pas l’absence de Phébé

Remplacée par leur cœur exsangue mais ailé.

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L’eau inonde les gradins

Infuse la musique et diffuse le thé

Les spectateurs sur leurs coussins

Sont ces radeaux restés en mer

Malmenés par les vagues mais chéris des étoiles

L’orchestre se replie dans la fosse océane

Et se diluent les notes sous l’aquarelle bleue

La symphonie marine enchante les sirènes

Au ban des méduses les musiciens se lèvent

Et tous les ports songent à gagner le large

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La fontaine est tarie et l’eau s’est exilée

Elle a filé et se la coule douce

Au fond d’un océan entre deux flots

Les poissons chats qui n’aiment pas le sel

Se sont échoués sur la rive asséchée

Mais l’eau s’en balance

Elle zigzague nonchalante entre les coraux

L’écho est bouleversé par les cris des enfants assoiffés

Qui repartent penauds en balançant leur seau

Du bout de leurs doigts fins

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Dans les dégradés de bleu :

Élisa, 4Z, Tequila et moi.

4 réponses sur “Les mains bleues”

  1. Elisa-R dit :

    Du bleu au large, de la fontaine à l’espace traversé, des mains bleues aux doigts fins c’est comme un vol à dos d’hirondelle : grisant !

  2. 4Z2A84 dit :

    Ces mains bleues caressent la surface de l’eau ou y plongent quand elles ne dirigent pas « la symphonie marine » qui « enchante les sirènes ». Dans ces quatre poèmes : un flot d’images; on passe de l’un à l’autre comme d’un trésor à un trésor – sur des ailes…d’hirondelle, de dragon ou de poisson volant !

  3. Heliomel dit :

    ma fontaine n’est pas tarie, l’eau en est juste détournée, je retrouverai le cours un jour.

  4. Éclaircie dit :

    Les mains, bleues comme l’eau, bleues comme le reflet de la lune.

    Héliomel, nous avons hâte de te retrouver dans nos camaïeux et te souhaitons de vite voguer en eau calme.

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