Grappes de sommeil

Sur les tuiles luisantes

Le chant de la nuit se marie au vent

Quand le grenier soupire dans son sommeil

Les herbes folles esquissent une danse

Que tous les papillons reprennent

Loin des filets et des chauves-souris

Dans un murmure que les pierres retiennent

Au loin un pas résonne encore

Avant de se fondre à la musique

Puis tout s’efface dans la brume d’un souvenir

Un souffle léger vient du sous-sol

Le jardin a refermé sur nous ses longs bras verts

Quelques amis nous accompagnent en bavardant

La petite poule noire un peu ébréchée

Le gros cafard tout sombre qui se dandine gaiement

Et puis l’araignée de Redon avec sa bonne tête

La fête a lieu dans les profondeurs de la terre

Là où se réfugie la lune quand se lève le soleil


Je vous laisse tourner les pages de mon livre

Vents des quatre points cardinaux

Et je m’appuie sur vous comme sur un mur solide

Quand les grappes du soleil pèsent

Il s’est enfin levé cet astre cet astre paresseux

Cet orgueilleux dont la roue et les rails

Accaparent la salle du ciel où se jouent

En permanence ses drames et ses pantomimes

Et croyez-vous qu’il y invite la lune Nenni

Si je m’y trouve c’est sous un loup

Enveloppé dans une houppelande

A l’abri mes courants d’air ruent mon livre brûle

Mais la loge tout entière se fie à ton rayon ô lune

Pour attirer sur ses occupants pourtant frileux

Tous les regards de l’orchestre

Cueillette réalisée par Eclaircie, 4Z et moi-même.

4 réponses sur “Grappes de sommeil”

  1. Éclaircie dit :

    Que ferions nous sans la nature comme Muse ? oh ! nous rêverions tout de même.
    Un subtil mélange de tableaux pour ces grappes délicates.
    Grappes de sommeil-soleil au jardin, kiosque à musique, un vent léger qui nous raconte les habitants visibles ou pas de cet espace.
    Bravo pour cette semaine encore !
    (Bonnes vacances aux absents)

  2. 4Z2A84 dit :

    Le jardin a refermé sur nous ses longs bras verts; mais croyez vous qu’il invite la lune ? nenni ! quand le chant de la nuit se marie au vent.
    Oui la nature encore et toujours. Mais transfigurée par les mots du poète.
    Les musiciens quittent un à un le kiosque car l’orage s’annonce en soulevant les nuages comme un rêveur sort de ses draps la tête déjà pleine de bruit et de fureur…L’averse douche les chaises. Autour des fontaines abritées la foule des buveurs d’eau minérale se presse; certaines dames dont les ombrelles ne sont pas encore fermées riquent d’éborgner les messieurs en chapeau haut de forme qui vantent les sources de Vichy et de ses environs tout en fumant maints cigares venus à grands frais des Antilles…

  3. Fauchon dit :

    Je passe juste voir cette bellé araignée de Redon, juste pour voir si elle a bien un nez de Redon

    Bravo à vous, bon, j’y retourne, le vent m’attend et les falaises s’ebrechent
    Amities

  4. Elisa-R dit :

    Moi j’aime beaucoup et vos commentaires ajoutent du soleil. La récolte n’en sera que meilleure !

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