L’origine des étoiles

Un navire inondé coule au fond du plancher
La cloche s’entête et sonne l’heure du goûter
Le bois mouillé est-il long à sécher ?
Sécher certes est sans gravité mais durcir ?
A défaut de moussaillons l’horloge qui
(Depuis la fin des temps c’est à dire de l’arbre
A l’origine de sa propre existence)
Rêve d’être étoile ou au moins petit rat
Convie à sa table Acamar Achernar et Acrux
Ainsi qu’une aimable souris qui passait par là

Au bord des falaises
La craie trace une route qui ne mène nulle part
Ou seulement au jardin des souffles
Là les sirènes dansent encore
Les promeneurs en scaphandre se congratulent
Quand les pique-niques étalés sur la vague
Sont réservés aux poissons privés de leurs écailles
Les dames de la mer les arborent en peigne
Quittant leur bocal grand comme un océan
Pour aller faire du shopping dans la dernière déferlante
Les villes sont sur pilotis les ancres ne tiennent plus
Qu’à un cheveu sur les lagunes
Au moindre nuage s’échouent les greniers
Les algues seront les couches des marins rêvant de sommeil

Toutes les nuits la lune se noie dans l’étang
Et le chien aboie en vain
Nulle barque ne glisse au secours de la distraite
Sur l’eau taciturne
Et nul nageur n’y plonge il fait trop froid…
Les miroirs aussi cachent des secrets
Un visage inconnu occupe le cadre
Dans lequel notre portrait une face de carême
Attirait tous les regards même les plus blasés.
Est-ce celui de l’astre nocturne
Outrageusement maquillé à peine reconnaissable ?
On le verrait cracher des poissons
Si gâchant la peinture il déchirait la toile.

Certes, on les voit encore
Jeter leurs fiels et leurs araignées
Dans les réservoirs qui perchent
Sur les toits de New-York
Mais les sorcières n’ont plus de ronds
Et leurs lourdes paupières fripées
Ne filtrent que les fils du vent
Adieu crapauds, adieu chimères
C’est dans le marc de cafard
Qu’elles lisent leur passé
Elles balaient leurs oublies
Butent sur leurs incantations
Leurs portions magiques
Ne sont que walkyries
Les enfants sont ébahis
De voir que leur monde
Fait peur aux sorcières

On dit qu’il y a mille sorcières pour un sorcier
Heureux sorcier!

Elisa dans l’astronef

Marie-Claire au bord des falaise

4Z dans le cadre

et votre serviteur sur le toit de New-York

 

12 replies on “L’origine des étoiles”

  1. Elisa-R dit :

    Impressionnant ! Les étoiles cachaient bien leur secret…

  2. Éclaircie dit :

    Vertigineux, oui !

  3. Heliomel dit :

    Oui, n’est-ce pas?
    Ces textes que d’aucuns voyaient médiocres(!) eh bien moi je les aime beaucoup.
    D’ailleurs je me suis amusé à écrire une deuxième version (il y a longtemps que j’en avais envie) où toutes les lignes ont été déplacées, vous verrez, c’est surprenant et si vous êtes sages, ou plutôt non, pas sages du tout, vous aurez cette mouture demain.

  4. Elisa-R dit :

    Vivement demain ! En attendant, je profite du bonheur du jour : découvrir nos écrits de la semaine.

  5. Éclaircie dit :

    Oh, Héliomel tu attises ma curiosité.
    Une fois réunis nos écrits donnent toujours un ensemble surprenant où l’on peut naviguer en toute liberté.

    Je ne suis jamais sage.

  6. Heliomel dit :

    Moi non plus, Éclaircie, alors, demain, on ira entrelacer nos initiales au tronc des étoiles!
    Bonne soirée

  7. Éclaircie dit :

    Nous avons souvent des thèmes récurrent, le milieu marin, les astres, les animaux, mais toujours avec une inventivité renouvelée.
    Bravo nous tous.

    Téquila, on va t’interdire les week-end, ou « t’obliger aux devoirs » avant de partir !

  8. Éclaircie dit :

    récurrents, aïe, aïe, même bien réveillée je faute toujours…

  9. Heliomel dit :

    « toute faute avouée est à moitié pardonnée »
    pour l’autre moitié, tu copieras cents fois
    un texte de ton choix parmi ceux de Georges Marchais

  10. 4Z2A84 dit :

    Quand la cloche, perdant la tête, s’entête à sonner
    l’heure des pique-niques étalés sur la vague,
    la lune crache des poissons
    et les toits de New-York, où fulminent walkyries et sorcières,
    s’illuminent !

  11. OulRa dit :

    Les orques nouilles se baignent aussi (et tout autant) dans les sargasses de vos imaginaires.
    Toujours surprenant cette coalition de hasards.

  12. Heliomel dit :

    Les orques nouille aussi!

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