Un poème de Pierre Jean Jouve

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« Lamento
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Mes mortes sont couchées dans des tombeaux ouverts
Sans histoire sous les pluies glacées de mes vivantes
Sont blessées par mes yeux et mes noirs souvenirs
Je songe en gémissant à ces poils de son âme
Qui noirs étaient beaux comme l’encre de Chine
Au temps des cerises
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Qui roux parfumaient le silence sans honte
Et m’accablaient de faute et de froideur
Et combien j’étais triste à la terrible chambre
A ses mains mais je confonds les mains
Les grandes mains bleutées promises au sommeil
Et les nattes coupées
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Et combien dans les rites d’infidélité
S’accomplissait le sein de ma fidélité
Et quel égarement prenait tout ce labeur
Absolu ! Saint des seins
Saint des saints retourne à ta haute nature
Car j’arrive là-bas vers le tombeau ouvert. »
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Pierre Jean Jouve (« Kyrie » 1938).
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3 replies on “Un poème de Pierre Jean Jouve”

  1. 4Z2A84 dit :

    « …Les poètes qui ont travaillé depuis Rimbaud à affranchir la poésie du rationnel savent très bien (même s’ils ne croient point le savoir) qu’ils ont retrouvé dans l’inconscient, ou du moins la pensée autant que possible influencée de l’inconscient, l’ancienne et la nouvelle source, et qu’ils se sont approchés par là d’un but nouveau pour le monde »(…). Pierre Jean Jouve (Avant-propos à « Sueur de Sang » 1933-1935).

  2. Éclaircie dit :

    Un poème assez impénétrable pour moi. J’ai juste écouté la mélodie.
    La citation de Pierre Jean Jouve que tu offres l’est un peu aussi.

  3. OulRa dit :

    M. beaucoup ce poème qui refuse obstinément le binaire. Tout en multiplicité, en nuances, en perspectives et en évolution. Le temps y passe.
    Juste aussi (à mon goût) la citation de l’auteur…
    Merci 4Z.

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