Portés par le vent

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Tu voles
Porté par tes grandes oreilles
Au-dessus des mers et des continents
Le ciel c’est ton appartement
Tu le meubles avec des rires
Car une armoire pèserait trop lourd
Et des fauteuils assortis n’accueilleraient personne
Même le vent ne s’y enfoncerait pas
Ses pollinisations un moment suspendues
Je te regarde entre mes doigts
Comme les enfants à qui l’on a défendu
De lever les yeux vers Dieu quand Il descend parmi nous
Je te regarde et je ne vois parfois
Qu’un oiseau rattrapé par une flèche
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Aujourd’hui, mauvais temps, l’olivier a cessé de lutter à quoi bon
Il n’a plus aucune utilité, la paix est rompue, les escadrons sont prêts
Sous la mitraille pourtant certains trouvent fortune
Près des remparts des châteaux perchés en haut des collines
Les immortelles poussent, souvenirs des parfaits
Qui aux temps anciens
Se sont jetés des tours en flammes
Dans de longues robes blanches
La vie n’est rien et l’argent encore moins
Sous la mitraille pourtant certains trouvent fortune
Mais que fait donc ce dieu si miséricordieux
Que ma mère appelle le soir du fond de son grand lit
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La clé tourne cent fois sur une porte absente
Que l’on dessinera demain ou bien plus tard
Sur un plateau lointain l’herbe assoiffée patiente
On entend les derniers soupirs d’une guitare
Quand tous les voyageurs ont trouvé le chemin
Ne laissant que poussière et sourires éteints
La maison silencieuse où pas un chien n’aboie
Referme la fenêtre au volet déjà clos
Les lits ont revêtu leurs costumes de soie
Le vent se tait, s’élève alors le chant de l’eau
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Sur le pont de la péniche, il y a un vélo neuf
Un fil à sécher le linge, un pyjama rayé qui flotte
Et moi dans la cabine, j’ai une pharmacie grise
Une petite pharmacie de rien du tout
Trois glaces et deux tiroirs coincés
Un interrupteur électrique sur le dessus
Empoussiéré, il n’a jamais servi
Un jour ils partiront sur le vélo rouge
C’est facile de brûler sa vie quand on est jeune
Dira la bicyclette au fil à sécher le linge
C’est facile de dire qu’on a raté sa vie quand on est vieux
Dira la pharmacie au pyjama rayé
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Immobiles derrière une vitrine des pantins
Regardent la rue animée d’un air indifférent
Des pas résonnent sur le gris des pavés
Une oreille attentive saurait les reconnaître
Et même préciser qu’avant les pavés
Ils côtoyèrent le gravier
Quand cesse le rythme régulier du promeneur
La clochette d’entrée s’agite joyeusement
Les figurines de carton tout à coup souriantes
Se mettent à danser
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A la barre : Eclaircie
Sur le pont : Elisa
Enveloppée dans le grand perroquet : Tequila
Au sommet du mât d’artimon : Héliomel
A fond de cale : 4Zetc.
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7 replies on “Portés par le vent”

  1. 4Z2A84 dit :

    Le marionnettiste a bien du mal à s’y retrouver. Il emmêle les fils et le spectacle commence par la fin avec des interruptions ménagées tous les kilomètres pour s’assurer de la présence de sa tête entre ses épaules.

  2. 4Z2A84 dit :

    Sommes-nous absolument sûrs que notre tête nous appartient ?

  3. 4Z2A84 dit :

    Tequila nous fait l’honneur…Bienvenue à la reine de l’humour trash !

  4. Éclaircie dit :

    En avant pour le voyage ! à 5 c’est drôlement, follement mieux.
    Le bateau prend son ampleur, son envol avec meubles, têtes (peut-être), gros temps, un monde et ses tours…quel périple.

  5. 4Z2A84 dit :

    Le bateau ivre.

  6. Elisa-R dit :

    C’est vrai, c’est drôlement sympathique à cinq !

    Je débouche le champagne : plop ! Fermez les fenêtres, cessez la mitraille, rangez les péniches, gardez vos oreilles et sortez les coupes !

  7. heliomel dit :

    Un réel plaisir de lecture, évidemment plus étoffé, tchin tchin!!

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